Origine du coronavirus : la fuite de labo prend corps !

Avant-propos. Nous tenons à avertir les lecteurs. Nous ne sommes ni scientifique de renom, ni virologue, en l’état de nos connaissances sur ce sujet provenant uniquement des affirmations (certes croisées) des médias, il nous est impossible de dire si l’article ci-dessous est un fake news, ou le début d’une vérité, d’une explication. MC

Si on veut se préparer à la prochaine pandémie, il est fondamental de comprendre l’origine du Sars-CoV-2, « sinon on risque de rejouer le même scénario », alerte Étienne Decroly.

Jusqu’ici, le scénario semblait clairement établi.

Le virus provient de la chauve-souris (ça, c’est certain), il serait ensuite passé par un hôte intermédiaire, qu’on a soupçonné être le pangolin (sauf que plus grand monde ne croit aujourd’hui à cette piste), ce micmac s’étant produit sur le marché de Wuhan. Tous ceux qui n’étaient pas sur cette ligne étant vite accusés de complotisme, aussi bien dans les médias que dans les revues scientifiques.

Mais les choses ont évolué un an plus tard, un certain nombre d’éléments fragilisent l’hypothèse du marché de Wuhan et, à l’inverse, consolident la thèse d’une fuite accidentelle de laboratoire.

Notamment, les premières traces d’un virus qui pourrait ressembler au Sars-CoV-2 remontent à 2012. Six mineurs ont été infectés par un microbe dont les symptômes sont proches de ceux du Covid-19 (trois en sont morts) dans une mine de la région de Mojiang, située à plus de 1500 km de Wuhan. Les scientifiques chinois ont ensuite ramené ces virus dans leurs labos (il y en a sept qui travaillent sur le coronavirus à Wuhan) pour les étudier. Et surtout, ils faisaient des recherches pour comprendre comment les coronavirus peuvent franchir la barrière des espèces. Il ne s’agit pas de rumeurs, c’est parfaitement prouvé.

Pour cela, ils utilisaient la technique dite du « gain de fonction » : on cultive les virus pour les rendre capables d’infecter l’humain. Le but n’est pas d’en faire des armes biologiques (quoique ce serait tout à fait possible), mais de comprendre les mécanismes en action pour s’en prémunir le cas échéant. Il n’en reste pas moins que le gain de fonction est éminemment dangereux, et c’est la raison pour laquelle il a fait l’objet d’un moratoire aux États-Unis en 2014, levé par Trump en 2017. Mais en Chine, la technique reste utilisée.

Ainsi, les virologues se rendaient deux fois par an dans la mine de Mojiang et ramenaient les virus à Wuhan pour les rendre aptes à infecter l’humain grâce au fameux gain de fonction. L’hypothèse d’une fuite n’a donc rien d’absurde.

Ce scénario n’est évidemment pas prouvé, mais il est étayé par des faits concrets. En janvier dernier, des chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont allés en Chine pour étudier l’origine du coronavirus. Ils ont récupéré auprès des autorités chinoises les résultats d’environ 60 000 analyses génétiques issues de nombreuses espèces animales, sauvages ou d’élevage. Or ils n’ont pas trouvé ta moindre trace de CoV-2 dans ces animaux. Et ça, c’est sacrément bizarre, car il est difficile d’imaginer que le virus n’ait pas transité par d’autres espèces.

Autre fait surprenant, selon Étienne Decroly : « Parmi les premières personnes infectées par le Covid, 40% n’ont jamais fréquenté le marché de Wuhan. Et depuis dix ans, des études sérologiques sont régulièrement effectuées en Chine pour détecter d’éventuels virus de chauve-souris qui infecteraient les humains : on en a trouvé dans d’autres régions chinoises, mais jamais à Wuhan. Cela aurait dû se produire aussi ailleurs si le marché était cause de contaminations ».

Autre élément troublant : il est avéré que le pouvoir contaminant du virus est facilité par la présence d’une « fragilité » à sa surface qui permet à une enzyme de nos cellules, la farine, de le faire entrer dans l’organisme. Cette « fragilité » est-elle naturelle ou le fruit d’une intervention en labo?

On pourrait en avoir le coeur net si on observait le même processus avec d’autres virus. Mais, là encore, les chercheurs tombent sur un os : « Les Chinois avaient bien une banque de données sur au moins16 000 virus, mais ils l’ont retirée de la libre consultation en septembre 2019. On peut se demander pourquoi. »

Conscients de la difficulté d’aborder ces questions sans être accusés de complotisme, les chercheurs prennent soin de se démarquer du Pr Montagnier, qui estimait que le CoV-2 avait été intentionnellement fabriqué à partir du virus du sida – théorie dont ils ont prouvé la fausseté.

On ne parle pas ici de fabrication délibérée, mais l’hypothèse d’une fuite accidentelle est tout à fait plausible.

D’ailleurs, c’est déjà arrivé : dans la Littérature scientifique, on recense au moins 11 fuites de virus d’un labo, entre1967 et 2007, cela dans différents pays (Ouganda, Chine, États-Unis, Angleterre…). Rien que pour le Sras, qui a émergé en 2003, au moins quatre fuites sont avérées (Taïwan, Singapour, Hongkong, Pékin).

Pour en savoir plus sur l’origine du Covid-19, il faudrait enquêter. Or l’équipe de l’OMS était loin d’avoir la liberté d’action nécessaire. C’est ce qui a conduit 26 scientifiques de renom et absolument pas soupçonnables de complotisme (dont Bruno Canard et Étienne Decroly) à signer le 4 mars, dans le Wall Street Journal et dans Le Monde, un appel pour « enquête [scientifique internationale] complète et sans restriction sur toutes les hypothèses concernant l’origine du Sars-CoV-2 ».

Mais là, on entre dans un domaine où tous les problèmes s’ajoutent : outre les habituelles questions de financement, il faut dépasser les soupçons de complotisme et les intérêts géopolitiques. La quête de la vérité scientifique est décidément un bien dur combat.


Antonio Fischetti – Charlie Hebdo. 31/03/2021