Concordat : division de la France !

Une nouvelle fois, la devise du capitalisme a l’honneur : « diviser pour régner » est bien l’objet sous-jacent du « chantage » via le concordat, de la subvention. MC

52% des Alsaciens et des Mosellans pour la suppression du Concordat

C’est l’histoire de La Lettre volée, d’Edgar Atlan Poe parfois, la solution est sous notre nez, tellement évidente qu’on ne la voit pas. Ou qu’on refuse de la voir. Prenez l’affaire du financement municipal de la future grande mosquée de Strasbourg, destinée à devenir le plus important lieu de culte musulman d’Europe et, accessoirement, le vaisseau amiral de l’association Milli Gôrüs, dont les liens avec Erdogan et l’intention d’implanter l’islam politique turc en Europe occidentale sont notoires.

Un énième sujet de discorde entre les « deux gauches », celle des laïques républicains et celle des islamo-neuneus. Alors qu’un seul geste politique suffirait pour que le problème soit réglé : l’abolition du Concordat.

Cette entorse à la séparation stricte des cultes et de l’État fait de l’Alsace-Moselle et de la Guyane (qui demeure sur ce point sous le régime d’une ordonnance royale de 1828…) des sortes de « territoires perdus » de la République.

On yenseigne la religion à l’école publique, et les ministres des cultes catholique, calviniste, luthérien et judaïque sont rémunérés par l’État, comme des fonctionnaires (mais ils sont mieux considérés que les vrais…)

Quant aux autres fantaisies religieuses non reconnues à l’époque où le Concordat entra en vigueur (en 1802, oui, encore un héritage napoléonien), telles que le bouddhisme, l’évangélisme, le mormonisme ou autre pentecôtisme, et naturellement l’islam, elles peuvent se rabattre sur un droit local des associations, lui aussi très accommodant, et bénéficier, notamment pour de grasses subventions publiques (Jusqu’à hauteur de 10%). D’où la décision de la gauches municipalité EELV de Strasbourg de ne surtout pas enterrer la disposition prise par la précédente équipe municipale (PS), et de sortir le chéquier pour aider les islamistes de Milli Görüs à édifier leur petit pied-à-terre 2,5 millions d’euros, ça Ira?

Jusqu’à aujourd’hui, toutes les demandes pour en finir une bonne fois pour toutes avec cette aberration juridique et faire enfin de la France une république laïque, une et indivisible, comme il est écrit dans la Constitution, se heurtaient au même argument l’indéfectible attachement local à ce particularisme religieux.

Les Alsaciens et les Mosellans tiendraient, plus que tout, à leur vache sacrée. Eh bien, il semblerait que ce ne soit plus le cas, à en juger par l’étude effectuée par l’ifop pour le Grand Orient de France, et dévoilée le 6 avril dans Le Monde.

Il s’avère que 52% des Alsaciens-Mosellans sont favorables à l’abrogation du Concordat. Dans la ville de Strasbourg, Ils sont même 60 %. Quant à l’ensemble des Français, c’est à 78 % qu’ils souhaitent voir disparaître ce régime dérogatoire d’un autre temps.

S’agissant de la question spécifique du financement d’un lieu de culte par la mairie de Strasbourg, les Alsaciens-Mosellans sont contre à 61%. Et pour cette mosquée géante, c’est non à 81%.

Cocasse, les sympathisants EELV la refusent à 75%. Vraisemblablement, même chez les partisans de l’indusivité équitable, ça coince… Ce n’est pas beau d’être islamophobe.

Il n’y a donc plus d’excuse pour ne pas mettre sur la table du législateur la patate chaude du Concordat, puisque les principaux concernés sont pour. Cela aurait l’avantage de dissiper les ambiguïtés savamment entretenues et de clarifier les positions de chacun.

  • Celle des démocrates républicains attachés aux principes de la loi de 1905 et à une laïcité sans adjectifs et sans faiblesses face à des dogmes religieux toujours plus offensifs.
  • Celle de cette partie de la gauche qui a choisi de renier son histoire et ses valeurs pour pactiser avec des barbus totalitaires.
  • Celle d’une droite des culs-bénits et d’une extrême droite raciste, qui ne voient dans la laïcité qu’une arme contre les musulmans.

Devinez qui sera contre.


Gérard Biard – Charlie Hebdo – 07/04/2021


N’oubliez surtout pas que des élections se profilent et « diviser pour régner » est toujours la devise d’une gestion. MC