Juste une info…

Les associations menées par les femmes, sont plus souvent jusqu’au-boutiste dans leurs engagements que les assos. menées par des hommes, elles sont plus « extrêmes » aussi lorsqu’il s’agit d’un collectif-association, émanation féminine de « feu » l’association « génération identitaire » d’extrême droite, il y a lieu de s’inquiéter. MC

Collectif NÉMÉSIS

La dernière fois que le collectif Némésis s’est retrouvé dans la rue, ce n’était pas pour défendre les femmes. Mais pour soutenir… Génération identitaire, sous le coup d’une dissolution en raison de son « discours de haine assumé » et de son organisation en « milice privée », selon les termes du ministre de l’Intérieur… « C’était pour dénoncer une décision politique », balaye sa présidente, Alice Cordier.

Mais Némésis est bel et bien proche des identitaires, comme le confirme notre spécialiste maison Jean-Yves Camus.

« Némésis pourrait même être une des structures de repli de Génération identitaire, qui envisage de poursuivre son action via plusieurs associations thématiques », souligne-t-il.

Les propos de la présidente de Némésis, âgée de 23 ans, sont déjà maîtrisés, pesés, ripolinés. Némésis se présente comme un collectif de « féministes identitaires ». Mais n’y voyez pas de lien avec l’extrême droite, non, non, dit-elle.

Comme Marine Le Pen, on réfute le terme d’« extrême droite ». « Identitaire » renvoie à « l’identité de la femme française », précise Cordier, qui n’est pas à un paradoxe près. Et comme souvent à l’extrême droite, on est méfiant à l’égard des médias. Lorsqu’on l’appelle pour une interview, elle nous annonce qu’elle enregistre notre entretien, « par précaution », à cause d’une précédente interview pour Slate dont elle est sortie mécontente.

Le cheval de bataille de Némésis, ce sont les violences faites aux femmes, mais la plupart du temps, dans sa ligne de mire se trouvent les immigrés. « Dans certaines cultures, la culture du viol est davantage présente », lâche la présidente.

Quand on lui fait remarquer que toutes les dernières accusations médiatisées n’ont rien à voir avec des étrangers (PPDA, Duhamel…), elle réplique : « On a notre lot à nous de porcs, est-ce que c’est intelligent d’en faire venir d’autres? »

Sur leur site, les propos sont plus violents et beaucoup plus directs que lorsqu’elle parle à la presse. Il y est question d’« invasion », d’appel à la « remigration », cette notion qui consiste à renvoyer dans leur pays d’origine toutes les personnes ayant un ancêtre en dehors de la France.

Si l’immigré est leur ennemi, la plus grande victime, c’est… le mâle blanc !

« Nous devons farouchement défendre les mâles blancs, car ils sont nos pères et seront plus tard les pères de nos enfants, puis nos fils. Si les statistiques françaises sont exactes et que les Français de souche se retrouvent en minorité en 2050, l’enjeu tient de la survie », dit Alice Cordier, lors d’une allocution dans une émission de radio.

Drôle, si l’on peut dire, de constater aussi que Némésis défend les femmes contre la « misogynie d’extrême droite » , en voulant « tordre le cou » à un cliché qui nous avait échappé : les femmes « ne sont pas plus favorables à l’immigration que les hommes et n’ont joué aucun rôle majeur dans l’organisation de l’invasion », peut-on lire dans un article sur leur site.

Et de rappeler que les principaux dirigeants d’organisations de gauche sont des hommes, tandis que « le seul parti d’envergure anti-immigration en France a une femme à sa tête ». Voilà un féminisme qui revendique d’être aussi raciste que le seraient les hommes.

Ce n’est pas totalement étonnant que ce féminisme identitaire se développe, alors que, à l’extrême gauche, c’est aussi l’identitarisme qui a le vent en poupe, avec les indigénistes et les décoloniaux. Némésis a beau jeu de remplir un espace de plus en plus vacant : celui d’un féminisme universaliste de gauche qui lutte contre les intégrismes religieux.

Le collectif mélange ainsi propos racistes anti-immigration et critique nécessaire de l’intégrisme religieux. Ainsi, parmi ses dernières actions, a été mené un No Hijab Day, le 31 janvier dernier, en réaction au Hijab Day qui veut promouvoir le voile. À gauche, les Femen sont presque les seules à critiquer ce Hijab Day.

Certains thèmes, à Némésis, sont empruntés au féminisme « classique ». Alice Cordier évoque « la lutte contre les violences obstétricales », le « bracelet électronique » pour les auteurs de violences. Mais pour d’autres combats féministes, ça coince.

La contraception?

« On est pour des moyens naturels, contre les grandes industries qui produisent des produits dangereux pour les femmes. » En ce qui concerne l’IVG, dans Slate, on pouvait lire : « On considère qu’il y a énormément sinon trop d’avortements. Nous pensons aux femmes qui l’ont très mal vécu, qui vivent de vrais post-traumas. »

Depuis, Cordier rétropédale : « On ne le remet pas en question. Mais on refuse de le voir comme quelque chose d’anodin. » Quant au mariage pour tous : « Nous n’avons pas de prise de position dessus. C’est un sujet de la communauté LGBT. » Elle prône aussi une « complémentarité hommes/ femmes », vieille rengaine conservatrice : chacun dans des rôles différents.

Et pour être féministe, à ses yeux, mieux vaut être une « bombasse » : sur Instagram, elle n’hésite pas à poster un montage qui dénigre physiquement plusieurs militantes féministes « mainstream », pointant leur « capacité à s’enlaidir ». Et d’ajouter : « C’est généralement comme ça quand on choisit le camp de la haine et de la rancoeur. Rejoins Némésis. »

Que représente Némésis?

Disons-le, c’est groupusculaire. Elles seraient une quarantaine. On s’est demandé d’ailleurs s’il fallait en parler ou non : il y a toujours un risque de faire de la pub à un mouvement qui n’en vaut pas la peine. Néanmoins, il est intéressant de le connaître, pour s’en prémunir. Près de 20 000 followers sur Twitter, tout de même, ça a une certaine influence. Elles n’y postent que des articles sur desagressions sexuelles dont les auteurs sont des migrants.

Alice

Cordier nous annonce vouloir se consacrer entièrement au développement du collectif, qui est en train de devenir une association, et même recruter des salariées. Quelle est son ambition politique ?

Pour l’instant, elle assure ne rouler pour personne.

Quand on lui demande si elle pourrait soutenir Marine Le Pen en 2022, elle répond : « C’est une possibilité. » Némésis écrit régulièrement dans L’Incorrect, le journal des proches de Marion Maréchal.

À son propos, Alice Cordier nous dit : « Nous trouvons très positif la présence de femmes en politique, quel que soit le bord. […] Nous avons des combats communs, mais nous ne rentrons pas dans une logique de soutien total à un programme. »

Une chose est sûre, elle manie bien la langue de bois.


Laure Daussy – Charlie Hebdo – 24/03/2021


Au bout du bout… n’en doutons pas, ce sera quelques voix (combien ?) dans les urnes, en plus pour la droite de la droite celle qui ne s’entend pas à l’extrême… il ne néglige aucune part de l’électorat… a la droite de l’hémicycle… MC


Dessin de Foolz – Charlie Hebdo – 24/03/2021