De l’art de ne pas tenir ses promesses

Le 6 mai 2020, Emmanuel Macron sort le grand jeu pour présenter son « plan pour la culture » …

« Je veux qu’on lance un grand programme de commandes publiques, que ce soit pour les métiers d’art, le spectacle vivant, la littérature, les arts plastiques. […1 Qu’on mette le paquet», déclare-t-il, manches retroussées et cheveux ébouriffés, en visant particulièrement les «jeunes créateurs de moins de 30 ans », mais sans pour autant chiffrer le « paquet » ni donner de calendrier ou détailler sa mise en place.

Effondré, le monde de la culture attendait donc que ce « New Deal à lafrançaise » voie le jour.

Et il attend toujours.

Car rien n’a bougé depuis l’annonce tonitruante, si ce n’est que le budget culture adopté fin 2020 prévoit d’y consacrer 30 millions d’euros sur 2021 et 2022, financés par le plan de relance.

  • Quand ?
  • Comment?
  • Pour qui?
  • Le plan nécessite d’être « affiné» avant d’aller plus loin, nous indique l’Élysée…
  • Mais n’y a-t-il pas urgence à aider les artistes ?

Heureusement qu’en attendant, les opérateurs de l’État dans le livre (CNL), les arts plastiques (CNAP) ou la musique (CNM) maintiennent des projets de résidences d’auteurs ou de commandes publiques. Que les collectivités territoriales financent des bourses, des résidences, des aides à la création, de même que certains festivals ou lieux culturels.

Il est surtout regrettable qu’un dispositif de commande publique pourtant inscrit dans la loi depuis 1951 n’ait pas été utilisé: le « 1% artistique » impose en effet de consacrer 1% du coût des travaux des bâtiments publics à la commande ou à l’acquisition d’oeuvres d’artistes vivants.

Il n’a donné lieu qu’à environ douze mille projets depuis sa création, dont seulement quinze en 2018.

Appliquer la loi et soutenir la création : n’était-ce pas l’occasion d’un joli coup double?


Sophie Rahal Télérama N°3714 17/03/2021


Après ce rappel… certains peuvent toujours critiquer Corine Masiero et sa dénonciation prestation lors de la cérémonie des césars…

Bien que dans le plus simple appareil elle a fort bien balancé une claque a ces dames et messieurs, éternels réacs, habiles à jouer les vertueux outragés, à se voiler la face, à discriminer la culture, qu’à servir la cause de l’humanité.

Profitons-en pour dénoncer de la même manière l’absence du ministre de la Culture Roselyne Bachelot à cette soirée de remise des Césars. Cette ex-pharmacienne, ex-ministre de la Santé, chroniqueuse chez Hanouna, pantin notoires, aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’émettre un avis aussi péremptoirement assassin envers cette cérémonie et les acteurs qui ont dénoncé à juste titre, l’attitude du gouvernement vis-à-vis de la culture.

MC