Y a-t-il omerta sur ce problème ?

En tout cas les médias sont étrangement muets sur cette situation préoccupante… Qui cela sert-il, en vue de quoi ? Dernière question pourquoi de rares médias s’en font l’écho, (Médiapart, l’Humanité, Midi Libre, La Dépêche…) MC

Politologue et spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus juge inquiétante la présence, révélée par Médiapart, d’une cinquantaine de soldats néonazis dans les rangs des armées françaises. Il estime que le ministère devrait faire preuve de fermeté.

Le ministère a reconnu la gravité de ces informations, qui contredisent les chiffres officiels.

  • Faut-il s’inquiéter de la présence de soldats néonazis dans l’armée française ?

Jean-Yves Camus Le chiffre est inquiétant parce qu’il est supérieur à ceux communiqués par le ministère des Armées. Ce n’est pas une bonne politique de sa part que de minorer le problème.

Même en considérant les cas mis au jour par Mediapart, il s’agit d’une infime minorité en comparaison avec l’ensemble des effectifs des armées. Mais le ministère devrait réviser ses estimations à la hausse et accepter la vérité telle qu’elle est.

La liste de ces 50 profils laisse entendre que les personnes impliquées sont des engagés étrangers de la Légion étrangère, originaires des Balkans, de Russie ou d’Ukraine. On soulève là le problème du statut spécifique de la Légion étrangère et du droit à l’oubli. Lorsqu’un légionnaire s’engage, quels que soient sa nationalité et son passé, il bénéficie d’une remise des compteurs à zéro. On ne s’intéresse pas à son histoire, il peut s’enrôler sous un nom d’emprunt, et il repart de zéro au sein d’une unité qui se considère depuis longtemps comme une famille.

[…] On peut continuer à admettre le principe de remise des compteurs à zéro, mais il faut poser des limites avant que nous ne soyons face à un phénomène qui devienne vraiment significatif en termes de pourcentage.

Les Allemands, pendant un certain nombre d’années, n’ont pas vu venir le phénomène alors qu’ils étaient focalisés sur la présence d’islamistes radicaux dans leurs armées. Aujourd’hui, ils se retrouvent avec un nombre de radicalisés d’extrême droite qui les force à prendre de vraies mesures d’éloignement des éléments concernés.

  • Après les attentats de 2015-2016, les services de renseignements se sont inquiétés de l’existence de groupes d’extrême droite violents dans l’armée et les forces de police. Ces révélations ne signent-elles pas un échec ?

Jean-Yves Camus […] C’est une question politique. Si le ministère des Armées donne instruction aux chefs de corps de détecter et sanctionner de manière systématique, ça envoie aussi un signal de tolérance zéro à tous ceux qui ont l’intention de s’engager, en France et à l’étranger. Ce signal sera entendu. C’est peut-être cette fermeté qui manque.

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Diego Chauvet. Source (Extrait)