Triste anniversaire

Préambule : Nous nous sommes posé la question de savoir si nous n’ajoutions pas de l’huile sur le feu à l’hallali générale avec l’article ci-dessous. En le parcourant attentivement nous pensons au contraire qu’il n’est que l’énoncé de stricte vérité, sans acrimonie.

Inutile d’ajouter par conséquent au stress général, l’anxiété de ne pouvoir se garantir et garantir autour de soi, de ce fléau pandémique, par contre nous enregistrons comme il se doit, l’accumulation des néfastes décisions gouvernementales et nous en souviendront, lors des prochaines élections. MC

En, guise de bougie, une seringue sur le gâteau!

Pas pour « fêter », car le mot n’est toujours pas redevenu d’actualité, mais pour marquer le premier anniversaire du non moins premier confinement. Un anniversaire comme une piqûre de rappel douloureuse et pas exempte d’effets secondaires.

Douloureuse parce que, depuis le « nous sommes en guerre », martelé le 16 mars de l’année dernière, nous n’avons pas gagné la guerre en question. Elle a déjà fait plus de 90 000 morts dans nos contrées et plus de 2 650 000 dans le monde entier, et n’a pas fini d’être meurtrière.

Douloureuse également parce que, un an après le premier confinement, celui, plus souple, qui lui a succédé et les diverses mesures de freinage qui ont suivi, il n’est pas exclu, «

dans les jours qui viennent », que « de nouvelles décisions » puissent mener, même si le mot n’a pas été prononcé expressément par Macron, à un reconfinement.

Car les chiffres, compte tenu des considérables progrès en matière de masques, de tests, de façon de traiter les malades et, surtout, de vaccins enregistrés depuis une année, restent très alarmants. Avec, dans plusieurs régions, dont l’Ile-de-France, une situation de nouveau critique des capacités de réanimation.

Douloureuse encore parce que c’est à ce très mauvais moment que survient une avanie dans la vaccination. Autrement dit, dans l’armement considéré comme le plus efficace pour espérer gagner cette « guerre ». Après plusieurs pays, dont nos voisins l’Allemagne et l’Italie, qui ont suspendu leur campagne avec le vaccin anglo-suédois AstraZeneca en raison de risques d’effets secondaires sanguins, Macron s’est vu obligé d’en faire autant.

Même si ce n’est que très provisoirement, le temps que l’Agence européenne des médicaments se livre à de nouvelles vérifications, l’affaire tombe évidemment mal. Mais, alors que cette mesure de précaution est censée lever le doute sur ce produit avec lequel ont pourtant été vaccinés sans encombre 11 millions d’Anglais, elle vient au contraire l’accentuer chez ceux (dont certains soignants) qui, déjà, s’en défiaient. Et chez les anti-vaccins, qui ont commencé à s’en gargariser.

A l’heure où, en plus, la vaccination doit accélérer, le labo en question, en se défaussant sur ses sous-traitants, ne tient pas, une nouvelle fois, ses promesses en matière de livraison. Tout cela fait pour le moins désordre.

Et, pour ce qui est des effets secondaires, si ceux du vaccin AstraZeneca restent à démontrer, ceux des mauvais chiffres du premier anniversaire sont déjà avérés.

Eux, ce n’est pas la campagne de vaccination qu’ils risquent de compliquer, c’est la doctrine de Macron pour éviter à tout prix le reconfinement qui est au bord de la remise en question.

Mais rien n’est encore décidé. À l’image d’AstraZeneca, à propos duquel Castex, dimanche, n’avait, « non, non », pas « le moindre doute », alors que, dès le lendemain, Macron faisait part des siens. Toute vérité d’un instant peut être démentie le suivant.

C’est aussi l’une des leçons de l’année écoulée : l’impression devenue familière de pouvoir entendre de la part des autorités politiques comme sanitaires à la fois tout et son contraire.

Nous serons fixés bientôt. Le temps, dans les deux cas, de laisser passer ce premier anniversaire, qui n’est vraiment pas un cadeau, ni du gâteau !


Editorial du Canard par Erik Emptaz – 17/03/2021.