Éducation nationale : Inégalités, déni et mépris

« Toujours prêts ! »

À n’en pas douter, la devise des scouts pourrait être celle de Jean- Michel Blanquer. À moins que ce soit « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Car, depuis un an, le ministre de l’Éducation nationale n’a cessé d’osciller entre l’un et l’autre… au mépris des faits.

Exposant ses propres carences, quand l’épidémie se chargeait de mettre en évidence les faiblesses et les manques d’un système scolaire semblable à un navire sans capitaine, dont seul le travail des matelots assure encore la flottaison.

Clamant jusqu’au 12 mars 2020 à midi que les écoles ne fermeraient pas, le ministre a dû manger son chapeau le soir même, jurant que tout était prêt, que la « continuité pédagogique » serait assurée.

Résultat : dès le mardi 17 mars, faute d’être calibrés pour encaisser un tel afflux, nombre des serveurs censés permettre l’école à distance tombent en panne, ne laissant aux enseignants d’autre choix que de se tourner vers des plateformes privées (dont certaines, quelle bonne surprise, labellisées par le ministère !).

On découvre que les familles ne sont pas équipées ; que, faute de formation, la maîtrise de ces outils par les enseignants (et donc les élèves) est très inégale.

 […]

Ordre, contrordre, changement de protocole la veille pour le lendemain,  la « gestion » de la crise par le ministère a mis personnels et familles à rude épreuve.  […] Depuis un an, ce sont les personnels qui tiennent l’école à bout de bras. » Le ministre a choisi de s’enfermer coûte que coûte dans l’alternative « fermer ou ne pas fermer », refusant d’écouter tous ceux, syndicats ou scientifiques, qui expliquaient que, entre ces deux choix, il en existait un troisième : maintenir les établissements ouverts en se donnant les moyens (techniques et humains) d’assurer une vraie sécurité sanitaire.

 […]

Non seulement aucun moyen n’a été donné pour réparer les inégalités scolaires qui ont explosé, pour remédier au décrochage, mais le ministre « se sert des difficultés des enseignants pour continuer d’avancer ses réformes », dénonce Guislaine David. De nouvelles suppressions de postes et fermetures de classes sont annoncées pour la rentrée, les remplacements de professeurs malades sont de moins en moins assurés.

 […]


L’éducation nationale s’en relèvera-t-elle ? Rien ne montre que le ministre s’en soucie. D’après un article d’Olivier Chartrain – Titre original : « Inégalités, déni et mépris : l’école cabossée par un an de marasme ». Source (Extrait)