Le futur maire de Paris, serait : Emmanuel Grégoire !

Le premier adjoint est persuadé que son association avec Anne Hidalgo la mènera à l’Élysée et lui, à sa place, à la Mairie.

Le futur maire de Paris, c’est lui. Il en parle volontiers, oui, bien sûr, c’est pour 2026. Vous savez, cinq ans, c’est vite passé. Et puis, il suffit qu’a Anne » entre à l’Elysée, une simple formalité, et tout peut s’accélérer. Il se sent prêt… « La Mairie, c’est désormais une perspective que je ne m’interdis pas d’envisager », glisse-t-il, sans trop rire.

Dessin de Kiro – Le Canard Enchainé – 10/03/2021

En attendant ce grand jour, il vit sa première épreuve du feu. Pas terriblement à l’aise, Emmanuel Grégoire, quand il lui a fallu expliquer péniblement que le confinement de trois semaines à Paris, lumineuse idée de la Mairie, n’était qu’« une hypothèse ». Ah bon.

Il s’est même permis d’être catégorique lors de sa conférence de presse, la gorge légèrement nouée : « Ce n’est pas une demande de notre part, ça ne l’a jamais été, mais une hypothèse que nous souhaitons mettre sur la table. » Regards amusés dans l’assistance.

A l’Hôtel de Ville, on explique charitablement que cette histoire de confinement n’est qu’« une boulette d’Emmanuel ». « En voilà une bonne blague ! Emmanuel n’a jamais pris un risque de sa vie. Quand il dirigeait la fédération PS de Paris, il était toujours dans la ligne, c’est tout sauf un aventurier. Il n’a jamais bougé une oreille quand il bossait au cabinet d’Ayrault, ni avant, chez Delanoe. Toute sa stratégie a été de devenir le type qu’on ne voit pas arriver. Et, là, une fois de plus, il a été totalement fidèle à ce qu’Anne Hidalgo lui avait demandé : tout avait été calé, mûrement pesé. Quand Hidalgo a vu les moqueries et les quolibets, elle l’a obligé à manger son chapeau et à rétropédaler tout seul, c’est tout à fait sa façon de faire », raconte un parlementaire socialiste.

Son grand pari

On ne peut pas exclure que la maire de Paris ait pris une certaine volupté à taper avec vigueur sur le museau de son premier adjoint. Car le cher Emmanuel, arrivé il y a vingt ans au PS pour soutenir Jospin, bosseur, arrangeant, « pas sectaire », comme le décrit Jeanne d’Hauteserre,

la maire LR du VIII’ arrondissement, a, depuis quelque temps, une fâcheuse tendance à se découvrir.

Dauphin auto-proclamé, il avait déjà un peu étonné en raison de certaines déclarations lors de la campagne municipale, faisant montre d’un complexe de supériorité fortement ancré : « On tente de densifier le débat dans cette campagne, de rehausser le niveau de jeu. A vrai dire, nous sommes surpris du niveau d’amateurisme : on s’attendait à être challengés, à devoir aller plus loin, mais rien. »

C’est lui qui s’occupe du dossier du Grand Paris, et, par une heureuse coïncidence, « Le Journal du Grand Paris » lui a consacré un portrait fort critique, le 23 décembre : « Il a l’art de séduire par sa bienveillance, sa rigueur et son professionnalisme », mais, il convient de ne pas l’oublier, « il allie une gentillesse spontanée à une prédisposition pour la joute politique, doublée d’une capacité d’adaptation, acquise par un travail acharné ». Et, enfin, la surprise pas du tout attend « Il se prépare à la conquête de la Mairie en 2026. »

En 2014, il hérite du portefeuille des ressources humaines de la Ville de Paris. Il en parle alors, des sanglots dans la voix : « J’ai appris l’importance de l’administration parisienne, car ce sont les agents que voient les Parisiens, ce ne sont pas les élus qui balaient les rues. »

Aujourd’hui, Manu se lâche un peu plus sur son « intérêt » pour le poste, pourtant clé : « C’était chiantissime, chronophage et sans visibilité médiatique. Tout le monde a refusé, et, à la fin, c’est bibi qui a dit oui. »

Futur Anne-ex

« Bibi » s’attaque aujourd’hui à un dossier avec plus de « visibilité médiatique » : l’aménagement de l’espace et le changement du mobilier urbain parisien. Il a des idées très arrêtées sur la question : « Nous sommes en train de passer de la logique d’une nature esthétique à celle d’une nature fonctionnaliste. »

C’est vrai que, l’esthétique, c’est très petit-bourgeois. « Tous ces débats sont tout de même assez ubuesques », raconte un participant à plusieurs réunions de réflexion. « C’est un truc d’intellos totalement déconnectés, qui parlent doctement de « concours sur des objets totémiques dans l’espace public », ou d »espace genré », comme si c’était la priorité à Paris, qui doit affronter l’insécurité et la misère qui s’installent dans certains quartiers », poursuit le même.

Quand on l’interroge sur ses relations avec Anne Hidalgo, qui avait juré de ne pas se présenter en 2022 avant d’entamer des tournées en province sur le mode « Ce que j’ai fait pour Paris, je le ferai pour la France », il répond : « Sa succession, c’est Anne elle-même qui m’a incité à y penser, elle est dans la transmission. » Il y croit donc, quelle fraîcheur.


Anne-Sophie Mercier – Le Canard Enchainé 10/03/2021

2 réflexions sur “Le futur maire de Paris, serait : Emmanuel Grégoire !

  1. Danielle ROLLAT 12/03/2021 / 16:26

    Laissons déjà passer les élections régionales, départementales, présidentielles et législatives… et la pandémie..

  2. jjbey 12/03/2021 / 18:11

    C’est comme si c’était fait………….

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