Le gloubi-boulga verdâtre du RN

Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, a tenté d’avancer ses pions en matière d’écologie. Une opération de com en vue de 2022.

Déjà en campagne pour la présidentielle, Marine Le Pen veut prouver que l’écologie ne reste pas un angle mort. Le parti d’extrême droite a opportunément opéré un virage à ce sujet, n’hésitant pas à mettre en avant sa conception axée sur le « localisme », une sorte de « préférence nationale » de la consommation, notamment alimentaire.

Ce mardi, à l’occasion du début de l’examen de la loi « climat et résilience » dans l’hémicycle, c’est au projet de référendum sur le climat que la cheffe du Rassemblement national voulait répondre, en présentant lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale ses contre-propositions. Qui seraient elles-mêmes soumises à référendum, tout en qualifiant celui du chef de l’État de « manœuvre politicienne » – comprenne qui pourra.

Mais pas question pour Marine Le Pen d’inscrire la défense du climat et de l’environnement dans la Constitution, au motif qu’elle figure déjà dans la charte de l’environnement adoptée en 2004. Au final, ses propositions tiennent en quinze questions portant sur la consommation alimentaire, l’énergie, les dommages environnementaux, les infrastructures, les importations ou bien encore l’artificialisation des sols.

Autant de sujets passés toutefois à la moulinette du Rassemblement national, ce qui lui permet d’avancer ses thèmes de prédilection : la défense du patrimoine et du « paysage français », ou bien le fameux « localisme ».

Marine Le Pen a donc présenté les quinze questions qu’elle souhaiterait présenter aux Français – amenés à répondre favorablement –, chacune commençant par la formule « Souhaitez-vous que… » La première donne le ton, en proposant aux Français que « nos textes constitutionnels contiennent le principe de sécurité environnementale et la protection de notre patrimoine matériel et immatériel ».

Une formulation assez floue qui a cependant le mérite de parler à un électorat sensible à la question du « patrimoine ». Dans le même ordre d’idées, le RN joue sur le rejet de l’UE, en proposant que les « actes pris dans le cadre de l’Union européenne qui ne respecteraient pas les dispositions de la charte de l’environnement, soient inapplicables en France ? », ou le rejet de ce qui vient de l’étranger, avec la possibilité « d’interdire les importations de produits (agricoles ou manufacturés) dont la fabrication ou la production serait interdite en France. »

 Difficile d’être contre une telle évidence. Pour le reste, les propositions tournent autour de la possibilité de suspendre « tout projet de construction d’éoliennes » ou « d’installation de grandes surfaces », défendant au contraire le nucléaire, présenté succinctement comme une « énergie décarbonée ».

Cette offensive médiatique, dont a été soigneusement exclue la question des pesticides, ne doit donc rien au hasard à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle. Fidèle à sa ligne idéologique, la présidente du parti d’extrême droite met l’accent sur la « sécurité environnementale », dont les « ennemis » sont identifiés : « les accords de libre-échange », ainsi que « l’écologisme qui consiste à peindre en vert les pires atteintes à l’environnement, et l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec les mœurs qui sont les nôtres ».


Benjamin König  – Titre original : « « Sécurité environnementale », « localisme » et référendum, le gloubi-boulga verdâtre du RN » – Source