Le « presque » placebo Astra

Le général Macron à beau enchaîner les Conseils de défense et le capitaine Véran assurer que « l’on vaccine à flux tendu » (France 2, 1/3), le rythme des piquouses ne suit toujours pas le plan de bataille.

Le manque de munitions n’est pas seul en cause. Au 1ᵉʳ mars, la France, qui avait reçu 7,2 millions de doses, n’avait procédé qu’à 4,5 millions d’injections. Ça patine sec, chef !

Pour le vaccin d’AstraZeneca, la situation est moins brillante encore.

Au 1er mars, selon le ministère de la Santé, 1,139 million de doses avaient été réceptionnées, pour seulement 276 000 piqûres. La faute, gémit le ministère, aux patients nourissant des doutes injustifiés sur l’efficacité de ce vaccin et craignant des effets secondaires. Malgré ce revers, le quartier général a décidé de poursuivre l’offensive sans changer ses plans.

La vaccination Astra a été élargie à la tranche des 50-64 ans avec comorbidités, puis à celle des 65-74 ans, mais uniquement chez les médecins de ville.

Problème : chaque flacon contenant 10 doses, les toubibs doivent se débrouiller pour entasser 10 volontaires dans leur salle d’attente. Beaucoup ont préféré renoncer.

Pourquoi, dans ce cas, ne pas utiliser les centres de vaccination ouverts par les municipalités ? « On y réfléchit, on va bientôt mettre ça en place », assure l’agence régionale de santé d’Ile-de-France.

Bientôt ?

C’est vrai qu’on n’est pas aux pièces…


Isabelle Barré et Hervé Liffran – Le Canard Enchainé – 03/03/2021