Se blanchir avec la « grâce » des JT complaisants !

Après de tels spectacles, comment croire a l’indépendance journalistique du groupe de TF1 et  leurs infos…

Ghosn, Sarkozy, PPDA : sur les chaînes du groupe TF1, la parole est aux accusés

Sur LCI, TF1 puis TMC, hier soir mercredi 03 Mars 2021, un homme en cavale, un condamné pour corruption et un accusé de viol ont pu livrer leur défense sans (presque) aucune contradiction, à des heures de grande écoute.

Le tunnel a commencé à 19h10 ce mercredi 3 mars avec Carlos Ghosn sur LCI, s’est poursuivi avec Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures de TF1, puis, vers 20h30, avec PPDA sur le plateau de Quotidien, sur TMC.

Un pdg en cavale, un ancien président condamné pour corruption et trafic d’influence et un présentateur accusé de viol.

Trois plateaux du groupe TF1, un même malaise : celui d’invités venus raconter leur propre version des faits, sur des plateaux où la contradiction n’a pas été au rendez-vous.

Sur LCI, opération promo pour le livre écrit par Carlos Ghosn et sa femme Carole, toujours à ses côtés dans les moments durs… ou les plus sympas, comme cette interview sans danger où David Pujadas a réitéré cette fascination médiatique pour la fuite « rocambolesque » du Japon de l’ex-pdg de Renault, sans titiller une seule seconde cette « victime d’une machination » sur le lourd dossier qui l’oppose à la justice nippone.

Au 20 heures de TF1, Gilles Bouleau, lui, s’est débrouillé comme il pouvait face à l’orateur pugnace qu’est Nicolas Sarkozy. Mais quand il joue la colère contenue, l’ancien président est difficile à mettre en défaut, même s’il est en manque d’arguments.

Sur TMC, on a frôlé le malaise : l’ancien présentateur star du JT maison, Patrick Poivre d’Arvor, est aussi venu présenter « [s]a vérité » sur le plateau de Quotidien à propos des accusations de viol dont il fait l’objet de la part de la journaliste Florence Porcel.

Vingt-cinq très longues minutes où PPDA, dans d’interminables tirades et s’aidant de fiches, a eu toute la place qu’il voulait pour cocher les cases du bingo de la victime d’« accusations calomnieuses » (discrédit de l’accusatrice, tentatives de diversion, opprobre jeté sur notre époque, etc.).

Des arguments qui, en plateau, n’ont subi que peu de contradiction – seules les deux interventions du journaliste média Julien Bellver ont mis PPDA mal à l’aise dans sa défense.

On disait de Quotidien qu’il était un repaire d’impertinence, Yann Barthès en a pourtant furieusement manqué, lui toujours si prompt à faire voler en éclats les opérations de com des autres. Sur le groupe TF1 flottait hier comme un léger parfum de connivence. Plutôt trois fois qu’une.


Jérémie Maire. Télérama. Source