E. Borne : Chômeuses-chômeurs cesseront de «sucer» l’Etat…

La baisse des allocations est bel et bien la priorité du gouvernement.

Une partie de la réforme de l’assurance-chômage entrera en vigueur le 1er juillet 2021.

  • « La ministre s’entête et elle s’entête sur le dos des chômeurs ! », s’indigne Michel Beaugas, de Force ouvrière, à l’issue d’une ultime séance de concertation avec Élisabeth Borne.
  • Une séance « sereine », selon le ministère du travail. « Tendue », aux dires de plusieurs négociateurs qui décrivent une ministre « sur la défensive ».

La version finale de la réforme a été présentée. Un décret sera publié dans les prochaines semaines et la réforme commencera à s’appliquer le 1er juillet 2021.

[…] … le mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) sera la première mesure à entrer en vigueur. Elle fera baisser les allocations chômages : celles-ci pourront être divisées par presque deux, dans le pire des cas. Selon le ministère du Travail, 800 000 demandeurs d’emploi seront concernés.

Le cabinet d’Élisabeth Borne précise « que tous ne seront pas touchés d’un coup. Ce chiffre est une estimation dans le temps ».

  • « C’est un véritable scandale », tempête Denis Gravouil, de la CGT, qui prévient : « On n’en restera pas là. » Sous-entendu : un recours devant le Conseil d’État est déjà à l’étude. Un premier recours avait déjà fait tomber le mode du calcul du SJR, voulu par le gouvernement dans la version 2019 de la réforme.
  • « On punit les demandeurs d’emploi les plus précaires et on punira – peut-être – les entreprises », résume Michel Beaugas, en insistant volontairement sur le « peut-être ».
  • Le bonus-malus censé sanctionner les employeurs qui abusent des contrats courts ne s’appliquera effectivement pas avant… septembre 2022.
  • Sur Twitter, Laurent Berger, de la CFDT, a d’ailleurs dénoncé une « réforme injuste et déséquilibrée ».

Le ministère, lui, défend des « assouplissements » et des adaptations à la crise. Mais ils restent pour le moins minimes. La dégressivité des allocations pour les hauts revenus s’enclenchera ainsi à partir du neuvième mois de chômage et non plus à partir du septième. Le compteur commencera à tourner dès le 1er juillet 2021.

Mais ce sera provisoire : dès le retour à un contexte économique favorable, la dégressivité reprendra à la fin du sixième mois, comme prévu par la réforme 2019. La baisse sera de 30 % pour les salariés qui percevaient un salaire brut mensuel de plus de 4 500 euros.

Enfin le voile a été levé sur les conditions d’ouverture des droits au chômage.

Pour le moment, le seuil reste fixé à quatre mois de travail pour ouvrir et recharger des droits. Tous les demandeurs d’emploi sont concernés. Il n’y aura pas d’exception pour les jeunes, comme évoqué à l’automne dernier. Le seuil repassera à six mois, là encore, quand la conjoncture sera meilleure. 

Deux indicateurs « de retour à meilleure fortune » permettront au gouvernement d’enclencher ces dernières mesures. Une baisse du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) de 130 000 sur six mois.

Et en parallèle, 2,7 millions d’embauches de plus d’un mois (hors intérim) sur quatre mois. « Ces critères seront facilement atteignables dès le mois de novembre 2021 », croit savoir Jean-François Foucard, de la CFE-CGC, qui s’interroge : Le pays ira-t-il vraiment mieux ? »


 […] D’après Cécile Hautefeuille. Médiapart. Titre original : « Assurance-chômage: les allocations baisseront dès cet été ». Source (Extrait)


Notes : voilà bien le type d’annonce que l’on cache derrière les problèmes sanitaires du moment. Cette pandémie aura servi de paravents pour cacher les méfaits de ce gouvernement. Nous avons maintes fois dénoncé le déshabillage continuel, malgré la pandémie, de l’hôpital, voilà qu’à travers ce texte Élisabeth Borne, cette ministre entêtée au service des entrepreneurs, n’a de cesse de laisser apparaître les chômeuses et chômeurs comme des avantagés par l’État. « Ils feraient mieux d’aller travailler plutôt que d’attendre un subsiste » en oubliant que les chômeuses et chômeurs ne le sont nullement de leur fait les 9/10e du temps, que les causes sont multiples, dont les délocalisations, dû aux actionnaires désireux d’engranger des dividendes toujours plus importants, de créer la précarité afin de faire baisser le montant général des salaires en France, de proposer des embauches au salaire et horaires ridicules, d’appauvrir d’une manière générale la classe ouvrière alors que c’est elle qui produit la richesse de la France. Nous ne pouvons rester insensibles à la détresse et l’expression de certains, d’autant que le gouvernement s’ingénie à taire les prochaines élections de manière à rester le plus longtemps maitre et seigneur, tel un roi en son Élysée, pour la bienséance de quelques-uns… toujours les mêmes. Dire que la France à comme devise « Libertés, Égalités, Fraternités »… on a tué l’esprit de 1789 ! MC