Travailler avec le confinement…

Petit à petit une tendance se dégage…

Une enquête demandée par le syndicat CGT, il ressort après dépouillement et analyse de trente-quatre mille réponses que les conditions de travail et d’emploi se sont fortement dégradées durant la période de confinement de télétravail, de fermetures d’établissements et commerces.

Cela de manière différente selon les situations, tout en touchant toutes les couches de salariés, femmes et hommes. Si la majorité des salariés a été en télétravail, les employés et les ouvriers représentent presque les deux tiers des salariés en présence, et seulement un tiers des salariés en télétravail. Les cadres sont la catégorie qui s’est le plus déclarée en télétravail parmi l’ensemble des enquêtés (hommes et femmes).

Plus de la moitié des cadres enquêtés certifient perdre des congés et/ou des RTT du fait de la crise sanitaire. Si les ouvriers et employés ont été moins concernés, 45 % tout de même ont déclaré qu’ils allaient perdre des congés. Il s’agit des salariés du privé exclusivement, l’ordonnance concernant les agents publics ayant été publiée pendant la réalisation de l’enquête.

L’enquête révèle en outre qu’un tiers des salariés du privé craint pour son emploi. En particulier, les couches les plus précaires comme les CDD ou les intérimaires sont presque la moitié à déclarer craindre pour leur poste. Neuf encadrants sur dix ont indiqué qu’il n’y avait pas de mesure de protection de l’emploi (arrêt des licenciements, renouvellement, etc.) dans leur entreprise. Par ailleurs, la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (DARES) qui effectue un comptage des offres d’emploi en ligne, signale que, durant le premier mois de confinement, le nombre de nouvelles offres d’emploi en ligne avait diminué de 40 % par rapport à ce qui était observé avant le confinement.

On relève un sentiment de toute-puissance des dirigeants d’entreprise sur leurs salariés durant cette période. Globalement, l’enquête montre que le confinement a été le théâtre de la généralisation du non-respect du droit. Que ce soit les mesures de protection insuffisantes pour les salariés en présence sur le lieu de travail, la non-prise en charge des équipements pour les personnels en télétravail (tout en jouant sur la méconnaissance de ceux-ci quant au droit), ou encore les abus quant aux horaires de travail.

Presque un tiers des enquêtés s’étant déclarés en activité partielle, en autorisation spéciale d’absence (ASA), ou en arrêt maladie ont dit avoir tout de même dû travailler pendant cette période. La charge et le temps de travail ont augmenté pendant la crise, de manière plus importante pour les personnels encadrants que pour les autres. Et ceci sans augmentation de salaire. Dans le même temps, une partie des enquêtés ont vu leur charge de travail baisser pendant le confinement.

Non-respect des mesures sanitaires

13 % des personnes ayant continué de travailler sur site indiquent être vulnérables, et un quart d’entre elles disent cohabiter avec des proches vulnérables. La majorité des enquêtés déclare par ailleurs manipuler des objets potentiellement contaminés, rencontrer plus de six collègues par semaine, avoir un collègue contaminé, prendre les transports en commun. En fin de compte, seulement 21 % des enquêtés considèrent que les personnels présents sont en mesure de respecter les gestes barrières et que les mesures mises en place sont satisfaisantes. 21 % des enquêtés disent ne pas avoir utilisé leur droit de retrait par crainte de sanctions.

Le télétravail

Le télétravail peut être une source de stress pour les salariés du fait qu’ils doivent être joignables en permanence ; il peut générer un sentiment d’exclusion et ménager vie professionnelle et vie privée n’est pas facile. Si l’on ajoute à cela les nouveaux modes de surveillance informatique qui, bien que dans la limite de la légalité parfois, ont fleuri en raison du manque de confiance des encadrants envers les salariés, le cocktail est explosif.

C’est la double peine pour les femmes, qui sont toujours les plus nombreuses à assurer la charge des enfants en complément de leur travail, et qui ont ainsi vu cette charge exploser durant le confinement avec la fermeture des écoles et le télétravail. Elles sont aussi plus nombreuses à être en arrêt ou en ASA pour s’occuper de leurs enfants, et à voir, de ce fait, leur revenu diminuer.

La majorité des salariés en activité partielle ont perdu des revenus (plus d’un salarié sur deux). Environ un salarié sur dix qui a continué de travailler (en présence et/ou en télétravail) témoigne également d’une perte de revenus.

La DARES lance actuellement une étude similaire sur les conditions de travail pendant la crise, celle-ci portera sur le vécu au travail durant l’année 2020 dans son intégralité (premier et second confinement, déconfinement, etc.), sur les évolutions dans les conditions de travail, les situations d’emploi ainsi que sur l’état de santé depuis la mi-mars 2020.

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