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Retour « sur l’affaire » de Trappes – Une autre analyse !

La ville des Yvelines s’est retrouvée au centre d’une polémique médiatique. […] « Quand on raconte nos histoires ici, on a un souci. C’est qu’elles soient retranscrites telles quelles. » Cet animateur sportif de Trappes résume l’état d’esprit qui règne dans sa ville après dix jours de tempête médiatique lorsque des journalistes viennent poser des questions.

La commune des Yvelines s’est à nouveau trouvée sous le feu des projecteurs après qu’un professeur de philosophie a accordé un entretien au Point. Dans l’hebdomadaire, il dépeint une « ville complètement perdue » pour la République, sous la coupe de l’islamisme.

Depuis, il ne se passe pas un seul jour sans de nouveaux articles, émissions de télévision dans lesquels se déversent les outrances des uns et des autres. Trappes y est présentée comme un repaire de terroristes, un « Trappistan », pour reprendre les mots du chroniqueur très à droite Ivan Rioufol.

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 […] « On a perdu l’occasion d’un débat sur les obstacles que nous rencontrons en tant qu’enseignants », regrette une institutrice. Tout comme […] la plupart des gens que nous rencontrons en ville, elle préfère garder l’anonymat. Non par peur des menaces, mais simplement en raison de la saturation d’outrances verbales lorsqu’il s’agit de la question de l’islam.

Elle dénonce l’ampleur prise par le buzz médiatique, et estime qu’il faut que cela s’arrête. En même temps, elle s’inquiète des réactions de certains de ces élèves. S’il n’y a pas de classe entière qui refuse de chanter, comme cela a été avancé dans les médias, elle note que parfois dans sa classe un ou deux élèves s’y refusent en invoquant des raisons religieuses.

Ces faits existent, même s’ils n’ont pas l’ampleur que certains ont voulu leur donner. Au Secours populaire, dont les locaux sont installés en face du lycée qui s’est retrouvé au cœur de la polémique, les bénévoles reconnaissent que s’est créé « un noyau islamiste ». « Mais on ne peut pas cataloguer toute la ville comme ça. »

Le maire menacé de mort par l’extrême droite

Désormais protégé par des policiers armés, le maire (Génération·s) Ali Rabeh ne décolère pas face à cette « déflagration inattendue ». « Trappes n’est pas la caricature qu’en a faite Didier Lemaire. » Selon lui, « nous sommes entrés dans l’ère de la postvérité, du préfascisme ». Lorsqu’il est lui-même monté au créneau pour défendre sa ville sur les plateaux de télévision, l’extrême droite s’est déchaînée contre lui. Menaces de mort, injures… La préfecture a fini par décider d’une protection rapprochée après un projet d’attentat assez détaillé et publié sur un forum Internet.  […] « Ciblons l’ennemi, poursuit le maire. Il existe, il est là. Mais il faut utiliser de vrais outils : le renseignement, la fermeture des commerces qui participent à des financements, et travailler sur les gamins. »

Entraîneur sportif  […] , Luc Miserey déplore également ce buzz. « Alors que nous avons besoin d’apaisement, c’est la surenchère, la provocation, la polémique stérile, la caricature, qui, de manière frénétique, servent à masquer les véritables enjeux », dénonce-t-il.

Parmi les plus inquiets face à l’islamisation d’une partie de la population, nous rencontrons Marie-Laure Ségal. Son association, Dire et agir, soutient Didier Lemaire « non pour ses propos sur Trappes, mais sur la question de l’islamisme ».

Il y a quelques années, le professeur de philosophie était membre de l’association. « Il l’a quittée, parce qu’il nous jugeait trop mous », explique Marie-Laure Ségal, qui l’avait précédé au lycée de Trappes lorsqu’elle y enseignait la philosophie.  

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Depuis le début de la semaine, un nom circulait en ville. Celui de Thomas Urdy, ancien élu municipal, ami de Didier Lemaire, et entré au cabinet de Marlène Schiappa en septembre dernier.

Selon Médiapart, il aurait contacté la préfecture des Yvelines plusieurs jours avant la publication de l’entretien du Point.

Du coup, certains y voient une preuve de manipulation, voire de fake news. Génération·s a ainsi interpellé le premier ministre le 18 février : « Le gouvernement a-t-il agi en coulisse pour porter atteinte à un élu de la gauche écologiste à quelques mois d’élections locales importantes, et à la veille d’une élection présidentielle dans laquelle vous essayez d’imposer une nouvelle querelle identitaire ? » s’interroge le mouvement.


Diego Chauvet – Source (très partielle)