Ces labos privés : ces requins !

Ils ne sont que 11, mais ils commercialisent près de 60 % des médocs dans le monde. Leurs chiffres d’affaires s’échelonnent de 20 à 73 milliards de dollars, pour Johnson & Johnson, numéro un devant Roche et Pfizer. Et ces géants tentent parfois de s’entre-dévorer.

En 2014, l’américain Pfizer a échoué à racheter, pour 117 milliards de dollars, le groupe anglo-suédois AstraZeneca (numéro dix). Aujourd’hui, ces deux firmes dominent le marché des vaccins anti-Covid. Retards de livraison ou pas, leurs résultats promettent d’être astronomiques…

Qui en profitera ?

« Que choisir » (février) a listé les premiers actionnaires de ces labos.

  • On ne présente plus BlackRock, le plus gros investisseur mondial, et ses 7.800 milliards de dollars d’actifs en magasin (trois fois le PIB de la France), présent dans la moitié des boîtes du CAC 40 : BNP Paribas, Vinci, Safran, Total, etc. Il possède entre 3 et 9 % du capital de 9 des 11 mastodontes (dont 5,6 % de Sanofi, septième de la liste et seul français (L’Oréal, lui, détient 9,4 % du labo)). Mais le roi de Wall Street n’est pas le seul à exploiter le filon…
  • Second au palmarès des gestionnaires de fonds, avec 6.200 milliards de dollars d’actifs, The Vanguard Group a placé des seringues dans 10 sociétés pharmaceutiques. Premier actionnaire de Goldman Sachs et d’Apple, le groupe a aussi investi dans Michelin ou Pernod Ricard. Numéro trois de ces mammouths de la finance mondiale, le bostonien State Street Corporation, s’est invité chez 5 des 11 de Pharma.

Qui gagnera la course au vaccin ?

Quel que soit le podium, ces fonds géants auront joué gagnant.


Article signé des initiales O. B.-K. – Le Canard Enchainé – 03/02/2021