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Alors que, sur décision du gouvernement, France 4 doit disparaître le 20 août prochain, un nouveau front se lève pour sa survie.

Remarquablement intronisée « plus grande salle de classe de France » lors du premier confinement, la chaîne jeunesse du service public avait réussi à sauver sa peau, pour une petite année.

D’après Médiamétrie, qui a dévoilé le 27 janvier 2021 son bilan de l’année télé, près de vingt-cinq millions de Français y ont regardé « tout ou une partie » d’un programme pédagogique en 2020.

Et voilà que, le même jour, les parlementaires remontent au créneau, soutenus par l’industrie florissante de l’animation française.

Le Sénat, d’abord, a infligé un camouflet au gouvernement, en désapprouvant sa vision stratégique de l’audiovisuel public.

Sa commission de la culture a jugé l’arrêt de France 4 « contradictoire » avec l’objectif de diffuser aux jeunes des programmes « porteurs de valeurs républicaines ».

Puis deux députés LR-EM et LR ont enfoncé le clou, estimant que l’économie escomptée de 40 millions d’euros ne dépasserait pas… les 10 millions !

Dans leur rapport, ils battent en brèche tous les arguments exposés pour éteindre France 4.

Pour eux, la remplacer par une offre jeunesse « 100% numérique » compromettrait l’égal accès au service public, tous les foyers ne disposant pas de l’Internet haut débit, et priverait quatre cent mille enfants d’accès aux programmes éducatifs.

Pour profiter à la chaîne commerciale Gulli ?

Contrairement aux idées reçues, même si les plateformes gagnent du terrain, le petit écran demeure le média préféré des 4-14 ans.

France 4, qui a enrichi ses programmes, pourrait bien jouer les pompiers de service en cas de nouvelle fermeture des classes


François Rousseaux. Télérama. N°3708