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Une admirable Vietnamienne, Tran To Nga, poursuit les transnationales de l’agrochimie qui ont fabriqué l’« agent orange », dont Monsanto et Dow Chemical.

Cet herbicide persistant, épandu par les Américains sur la forêt à partir de 1962, a empoisonné des millions de Vietnamiens, et des milliers de gosses naissent encore avec des malformations, soixante ans après.

Bref, disons deux mots d’un des plus grands salopards de l’histoire récente, l’Américain Robert McNamara. Né en 1916 (et mort en 2009), il mène des études, pour partie en philosophie, puis joue un rôle militaire important après 1941. Il est tenu pour le grand stratège du bombardement non nucléaire de Tokyo, le 10 mars 1945, qui tue en une nuit 100.000 personnes.

Redevenu civil, il dirige Ford, mais quand Kennedy arrive au pouvoir, en 1961, il devient secrétaire à la Défense, équivalent de notre ministre des Armées.

Au Vietnam, ce criminel de guerre continuera sa route par des bombardements sur les digues le long du fleuve Rouge, pour noyer les paysans du Nord, lancera plus largement l’opération Rolling Thunder (des bombardements de villes) et bien sûr l’opération Ranch Hand, celle de l’« agent orange ».

En 1971, la publication des « Pentagon Papers » par le New York Times montre que McNamara savait dès 1966 que la guerre américaine au Vietnam était perdue.

Et alors?

Quittant son poste en 1968, notre crapule devient président de la Banque mondiale, où il poursuit sous d’autres habits sa mission de destruction du monde et de ses écosystèmes.

Mais faut pas croire, cet homme avait aussi une âme.

Travaillant il y a dix ans sur un livre, j’ai pu mettre la main sur un document, disons discret (et même secret), du WWF, cette si curieuse association « écologiste ». Datant de 1987, intitulé « Le club des 1001 », il dressait la liste des plus grands donateurs du WWF. Et parmi eux, l’ancien dictateur africain Mobutu. Et parmi eux, Robert McNamara.


Fabrice Nicolino – Charlie Hebdo -27/01/2021