Johnson raflerait en douce, des stocks de vaccins…

… mais quels salopiauds ces rosbifs … dixit Macrounet … ou de la com’ destinée à détourner l’incurie gouvernementale … une gestion désastreuse de la pandémie …

Les contrats de commande de vaccins passés par l’Europe ont été mal négociés et mal rédigés. » A entendre le haut fonctionnaire français dressant ce constat, les retards annoncés par les laboratoires Pfizer et AstraZeneca n’ont rien d’étonnant. Et pour cause : Bruxelles n’a prévu aucun système de bonus (une pratique pourtant courante dans ce type de marché) pour inciter les industriels à livrer rapidement leurs produits …

C’est donc sans risque financier que ces deux labos peuvent aujourd’hui faire lanterner les pays européens en prétextant, à tort ou à raison, d’importants problèmes de fabrication. Après Pfizer, qui a provisoirement réduit les quantités annoncées, c’est au tour d’AstraZeneca (dont le vaccin doit, cette semaine, être approuvé par Bruxelles) de traîner les pieds. Le groupe, qui a déjà touché 336 millions d’euros de l’Union européenne, a annoncé qu’il ne pourrait livrer que 31 millions de doses sur les 80 millions prévues pour la fin mars.

Piqûres grippées

Le Conseil européen du 21 janvier a été, en partie, consacré à cette baisse de 60 %. Macron et ses 26 collègues de l’Union sont d’autant plus furax qu’ils soupçonnent l’anglo-suédois AstraZeneca de privilégier en douce l’équipe de Boris Johnson. De fait, les Britanniques (qui, depuis le 3 janvier 2021, ont massivement recours à ce vaccin) ne semblent pas subir le moindre retard dans la réception des dizaines de millions de doses commandées (« Financial Times », 25/1) !

Bruxelles se demande d’ailleurs si AstraZeneca et Pfizer ne revendent pas en coulisse une partie de leur production européenne à la Grande-Bretagne ou à d’autres pays, qui n’hésiteraient pas à faire monter les prix.

Histoire d’y couper court, un règlement européen devrait très vite obliger les industriels à demander une autorisation pour exporter la moindre fiole de vaccin. En attendant, dans les centres de vaccination français, c’est toujours le foutoir.

Après avoir accéléré à la mi-janvier, le rythme des piqûres vient brusquement de ralentir, malgré des stocks qui demeurent élevés, avec 806.341 doses disponibles au 25 janvier.

A l’Assistance publique de Paris, c’est même la pénurie : divisé par deux et demi, le nombre des vaccinations devrait dégringoler cette semaine à 5.800. Encore a-t-il fallu, pour arriver à ce chiffre, reporter sine die toutes les injections de seconde dose programmées ces jours-ci. Au risque de déclencher une quasi émeute parmi les professeurs de médecine venus à l’Hôtel-Dieu recevoir eux-mêmes cette seconde injection.

A la suite d’une décision unilatérale de Pfizer, médecins et infirmières sont également contraints de sortir six doses de chaque flacon au lieu des cinq qu’ils sont censés contenir, comme l’indique leur étiquette. Compliquée à mettre en oeuvre, cette épreuve sportive connaît des ratés, surtout en fin de journée, quand les préparateurs de seringues commencent à faiblir.

Autre souci : l’obligation d’utiliser toutes les doses restées inutilisées à l’heure de la fermeture. Un exercice qui tourne parfois à la foire du « qui qu’en-veut ? » lorsque les candidats (pas toujours prioritaires) se pressent à la porte de certains centres de vaccination pour tenter leur chance.

Ils sont piqués ou quoi ?


Isabelle Barré et Hervé Liffran – Le Canard Enchainé – 37/01/2021