Les « sondeurs » entendent orienter les élections à venir…

 […] La prochaine présidentielle est pour dans quinze mois, mais la gauche peut déjà commencer à se faire peur. Tout comme la République en marche, d’ailleurs.

Selon un sondage Harris Interactive commandé par le cabinet de conseil CommStrat et le quotidien libéral l’Opinion mais jamais publié, en cas de second tour Emmanuel Macron-Marine Le Pen, le président sortant l’emporterait avec une très courte avance : 52 %, contre 48 % pour la candidate du Rassemblement national.

« On a fait un sondage au mois de juin 2020 qui donnait Macron à 55 % et Le Pen à 45 %, rappelle Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Là, nos confrères donnent  48 %. C’est considérable, on s’approcherait des rapports de force historiques comme Sarkozy-Royal en 2007 ou Mitterrand-Giscard en 1974 et 1981. »

L’écart est si resserré qu’il correspond à la marge d’erreur généralement admise dans ce type d’enquête. « Les sondages se réclament de méthodes probabilistes. Dans un sondage avec un candidat A à 51 % et un candidat B à 49 %, en réalité, il est tout aussi probable que A soit devant B que B devant A », soulignait le politologue Daniel Gaxie  […]

Photographie incertaine

Contacté par l’AFP sur la non-publication de ce sondage, le directeur délégué d’Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy, a expliqué que « la commande du client portait sur le premier tour et nous avons publié tout ce qui concernait cette commande ».

Concernant le second tour, « je n’ai pas publié cette donnée, donc je ne la commente pas », a-t-il ajouté. Le fait que l’écart entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron se situe dans la marge d’erreur, rendant donc cette photographie très incertaine (d’autant qu’il s’agit d’un scénario de second tour), aurait cependant joué dans le choix.

Ce sondage qui a fuité constitue en effet la deuxième partie d’une enquête qui elle a bien été publiée, le 25 janvier 2021, à propos du premier tour. Elle donnait Marine Le Pen en tête autour de 26-27 % des voix, talonnée par Emmanuel Macron avec 23-24 % des voix.

Le RN s’est empressé de relayer ces sondages qui lui sont particulièrement favorables, accompagné sur les réseaux sociaux du hashtag #OnArrive.

Fait nouveau, et inquiétant : un électeur de gauche sur deux dit ne pas voir l’utilité d’aller voter au second tour en cas de duel Macron-Le Pen.

L’effondrement de la mobilisation contre l’extrême droite explique aussi la réduction de l’écart, et se confirme au fil des enquêtes. Un effet de la politique antisociale et droitière de Macron, qui a fini par s’aliéner durablement des électorats qui en 2017 ont pu voter en sa faveur ?

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Ces scénarios partent du principe qu’il y a aura au moins trois candidats à gauche, dont les scores cumulés plafonnent autour de 25 %, et tendent à confirmer qu’un éparpillement des voix serait mortifère.  

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Il faut savoir raison garder d’un sondage qui sort à plus d’un an de la présidentielle. Il a par ailleurs soulevé des critiques : la pertinence d’un pronostic de second tour alors que le casting du premier n’est pas figé, la faible représentativité de son échantillon (bien que la commission des sondages n’ait à ce jour formulé aucune remarque méthodologique) ou encore l’imprécision autour des sondés refusant de se prononcer.

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Cyprien Caddeo – Titre original : « Élection présidentielle 2022 : Macron-Le Pen, l’inquiétante hypothèse ». Source (Extrait)


Quelques sondages bien orchestrés, distiller savamment, orientent l’opinion afin que se poursuive l’exercice libérale gouvernemental et ce, quelque soit le-la gagnant-e du second tour … Cette volonté autodictée obtiendra hélas, écoute … a moins qu’électrices-électeurs se mobilisent en masse enfin d’exprimer leur volonté pour un vrai changement, une autre orientation de l’économie et du vivre sociétale en France … Aucun rêve n’est utopique encore faut-il se donner les moyens de le réaliser. MC