Faux et usage de faux … grave !

Y a rien d’drôle …

Mauricette enterrée par un tweet

Que fait le comploteur de réseau social, bien planqué derrière son clavier, après avoir lâché une fausse nouvelle ? Il espère que son mensonge prospère. Et ne pas avoir à le démentir piteusement.

Le 28 décembre à 13 h 28, un certain « Aldente » tweete : « Mauricette, la dame de 78 ans vaccinée à Sevran, est décédée des suites d’une crise cardiaque cette nuit. Je travail (sic) dans l’établissement où elle était résidente. Jusqu’à présent, rien ne semble indiquer que ce soit le vaccin qui soit à l’origine du décès. » Et, lorsqu’un méfiant demande à Aldente de préciser ses fonctions médicales, il répond : « J’ai interdiction d’en parler pour garder le secret professionnel. »

Le message est immédiatement retweeté 73 fois et « liké » par 56 personnes. Tandis qu’un certain « R » répond: « C’est scandaleux, et les gens diront qu’il n’y a aucun rapport avec le vaccin. Enfin, ouvrez les yeux ! » Peu après, un autre internante ajoute à la rumeur, jurant que sa cousine, qui travaillait dans le même Ehpad, avait confirmé le décès. La cousine, l’oncle ou le meilleur ami qui connaît un proche qui a vu l’ours font traditionnellement partie du kit de la fake news.

Ce tweet funèbre passe relativement inaperçu jusqu’au 16 janvier, où les décès constatés en Norvège inquiètent. Des internautes demandent donc des nouvelles de Mauricette, et l’annonce de son décès remonte à la surface. Pressé de posts suspicieux, Aldente tente le tout pour le tout en publiant une fausse photo de l’aïeule dans son lit d’agonie, avant de craquer. Et il le fait à la façon d’un gamin bilieux : « C’est bon, ça va, on sait que c’est une fake news, circulez y a plus rien à voir, allez hop ! » Le menteur a effacé sa fausse nécro et suspendu son profil, mais « Libération » (17/1) a pu accéder à son historique. Des échanges qui montrent qu’il l’a pris de très haut.

A quelqu’un qui lui reproche cette tricherie, l’individu répond : « C’est encore plus grave de vacciner les gens avec du poison et de priver les gens de liberté ».

 Face à un vrai soignant en colère, qui estime que « ce genre de personne devrait être poursuivi pour faux et incitation à la panique », il perd ses nerfs : « NON NON vous devriez être poursuivi pour vaccination et mise en danger de la vie d’autrui (…). Collabo de merde. » Et, pour que chacun comprenne bien ses motivations, le faussaire a ajouté : « J’ai menti afin de dissuader les gens de ce (sic) faire vacciner. »

Pour un imposteur complètement piqué, ça se tient…


Article signé des initiales S. Ch. – Le Canard Enchainé 20/01/201