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… Ils ont pourtant bien des libertés pour nuire sans presque aucune entrave … Mais à qui, à quoi servent-ils, dans le réseau gouvernemental ?

Des Zouaves devant la justice

Pour cause de « suppléments d’information », le procès des Zouaves Paris (ZVP), prévu vendredi 15 janvier 2021, a été reporté au 12 novembre 2021. Les Zouaves Paris, c’est ce groupuscule d’extrême droite constitué à la fin des années 2010.

Ses militants sont jeunes, bas du front, politisés et hyperviolents. Le 4 juin 2020, une vingtaine de ces petits gars débarquent dans un bar du 20e arrondissement de la capitale fréquenté par les antifas. Entre leurs mains, l’attirail de la baston urbaine. Et sus aux gauchos ! Ce qui est, quand ils ne s’en prennent pas aux migrants, la raison d’être des ZVP.

A coups de batte de base-ball et de bombes lacrymogènes, ils ont dévasté les lieux et blessé des clients. Leur allure décontractée, leurs poses polies et sages devant le tribunal sont trompeuses.

On aurait tort de prendre ces jeunes gens propres sur eux à la légère. Leur violence est idéologique et vient de loin. Le CV de leur leader, Marc de Cacqueray-Valmenier, en témoigne.

Dans son biotope grenouillent des nobliaux d’extrême droite, des cathos traditionalistes tendance lefebvriste et il s’affiche plus simplement « fasciste » (1).

Avant d’être Zouaves, tous sont passés dans les rangs du défunt GUD, terreur des étudiants dans les années 1970 à 1990. Ils sont aussi potes avec Bastion social ou Génération identitaire (récemment dissous), également connus pour leurs actions violentes.

Ratonnades d’un soir ou infiltrations régulières dans les manifs, tout y passe. En janvier 2019, lors du mouvement des « gilets jaunes », les Zouaves ont sauté sur les militants du NPA. « Ils nous ont balancé des pavés et faisaient tournoyer un grand lasso lesté de poids. Une arme du Moyen Âge, comme leurs idées », explique un militant présent à la manif.

L’attaque fulgurante a laissé une dizaine de ses camarades sur le carreau. « En partant, ils ont lancé : « La bise à Clément » », raconte-t-il encore indigné. Une référence directe à la mort de Clément Méric, militant antiraciste tué par des skinheads en 2013.

Jusqu’au procès, les cinq prévenus sont donc placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de se côtoyer. Mais Marc de Cacqueray-Valmenier a des envies d’ailleurs.

Déjà à l’automne, il s’est rendu dans la région du Haut-Karabakh pour combattre et « défendre les Arméniens et la civilisation » contre les musulmans, jouant avec les limites de son contrôle judiciaire. Il veut désormais partir « entreprendre en Australie ».

Demande pour l’instant refusée.

Kangourous et koalas comptent sur la justice française pour leur épargner ça.


Natacha Devanda – Charlie Hebdo – 20/01/2021


  1. Libération (30 octobre 2020).