La pédocriminalité touche 165 000 enfants chaque année en France.

Comme pour les violences faites aux femmes, seule une prise de conscience nationale permettra de faire bouger les lignes.

À chaque fois la même déflagration. Toujours le même effroi, toujours les mêmes « tout le monde savait ».

Toujours les mêmes mécanismes de sidération, la honte, le secret, le mensonge.

Il faut souvent des années aux enfants, devenus adultes, pour oser briser le tabou.

L’inceste concernerait aujourd’hui deux à trois enfants par classe. L’ampleur des chiffres montre que le problème ne relève pas de fait divers isolés, il est structurel et concerne tous les milieux sociaux, sans distinction de revenus ou d’éducation.

Des associations luttent depuis des années pour faire entendre ce que tout le monde refuse d’écouter. Parce que le sujet est douloureux, parce qu’il dérange, parce qu’il touche à l’intimité même de la cellule familiale.

Alors le silence perdure, écrasant toute possibilité de parole.

Il est grand temps que le gouvernement s’empare du dossier.

Ne rien faire, ne rien dire, c’est faire le jeu des bourreaux.


Julia Vergely. Télérama. Titre original : « pédocriminalité, l’urgence d’un réveil politique » – Source (Extrait)