Bolloré « aurait » privatiser le mot « planète »…

Le groupe, à qui appartient la chaîne Planète Plus, menace de poursuites les structures qui utilisent le mot « planète » dans leur nom.

Le mot « planète » appartiendrait-il à Canal Plus ?

C’est ce que voudrait faire croire le groupe dirigé par Bolloré, qui a déposé les mots « planète » et « planet » à l’Institut national de la propriété intellectuelle. Pour quoi faire ?

Pour attaquer en justice et menacer toutes les associations, revues et sociétés qui utilisent ces deux mots dans leurs titres, comme viennent de le révéler nos confrères de Reporterre. Ainsi, l’association Run For Planet a reçu un courrier lui indiquant que le nom de sa structure pouvait être confondu avec celui de la chaîne Planète Plus, qui appartient à Canal. Idem pour la revue en ligne Néoplanète, le blog Planète Polars, l’association Planète Amazone, qui racontent avoir subi des pressions.

Plus d’une vingtaine d’organisations auraient déjà abandonné leur appellation initiale face aux intimidations du groupe, comme Planète Médecins et Planet Transition. La pratique ne date pas d’hier puisque, en 2018 le magazine Planète Oiseaux avait remporté un jugement contre Canal. Mais cette jurisprudence n’empêche pas la chaîne de continuer à attaquer, comme c’est arrivé au site PlaneteJobs

Une histoire de fou, comme si le mot « planète » pouvait appartenir à quelqu’un qui s’en réserverait l’usage. Comme si toutes les sociétés citées pouvaient susciter du tort à la chaîne Planète Plus

L’absurdité de la démarche prêterait à rire si elle n’était pas d’une telle violence et d’un tel danger pour les petites structures craignant les dépenses liées à un procès. D’autant que, après enquête auprès d’archéologues et de linguistes, il s’avère que les premiers usages du mot « planète », en Grèce antique, sont apparus… avant la création du groupe Canal Plus.

Tous les médias-journaux possèdent une rubrique « Planète », mais aussi des rubriques « Politique » et « Culture », si jamais Canal cherche d’autres mots à privatiser…

Et en parlant de journal, Clark Kent, alias Superman, travaille au quotidien The Daily Planet depuis 1940. On attend avec impatience le procès entre DC Comics et Canal Plus.