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Joe Biden, le nouveau président démocrate qui sera investi dans ses fonctions le 20 janvier 2021 prochain.

Nous avons déjà traité ce sujet, mais cette fois c’est l’analyse anglaise du « The Economiste » de Londres apportant un complément de réflexion sur l’après Trump … MC.


Il n’aura pas la partie facile pour gouverner et réconcilier le pays. Une analyse publiée dans The Economist

Il y a quatre ans, Donald Trump se tenait devant le Capitole pour être investi et promettait de mettre fin au “carnage américain”. Son mandat se termine sur les images d’un président en exercice incitant la foule à marcher sur le Congrès – puis la félicitant après qu’elle a eu recours à la violence.

 […] Trump est l’auteur de ce coup terrible porté à la démocratie américaine [car ses] mensonges ont attisé le ressentiment, son mépris de la Constitution a dirigé cette rancœur vers le Congrès, sa démagogie a allumé la mèche.  […]

La violence contre le Capitole se voulait une démonstration de force. En fait, elle masquait deux défaites. Au moment où les partisans de Trump faisaient irruption dans le bâtiment, le Congrès certifiait les résultats de la défaite incontestable du président Donald Trump en novembre. Et tandis que la foule brisait des vitres, les démocrates fêtaient deux victoires électorales inattendues en Géorgie, grâce auxquelles ils ont obtenu le contrôle du Sénat.

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Fiasco républicain

Le fiasco des républicains sous Trump paraît évident. Ce parti qui, en 2016, avait conquis la Maison-Blanche et conservé la majorité au Congrès se retrouve à tout perdre quatre ans plus tard. La dernière fois que les républicains ont essuyé un tel revers, c’était en 1892.

Normalement, en pareil cas, un parti tire les leçons de ses échecs et revient en force. […] Cette fois, le Parti républicain va avoir plus de mal à se renouveler. Malgré la défaite, la cote de popularité de Trump au sein de son camp avoisine les 90 %  […]

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Si quelque chose de bon doit sortir de cette insurrection, c’est que le Trump hurlant à la fraude a perdu une part de sa légitimité. […] Pour Biden, reste à savoir si les républicains du Sénat qui commencent à lâcher Trump partagent ces conclusions. […]

Majorité au Sénat

Le Sénat est maintenant partagé à égalité entre démocrates et républicains, et va basculer dans le camp démocrate avec la voix de la vice-présidente, Kamala Harris : on ne saurait imaginer une majorité plus étroite. Dès lors, Biden ne pourra pas faire de miracles et mener toutes les grandes réformes souhaitées par de nombreux démocrates, mais cela fera tout de même la différence.

Par exemple, le nouveau président pourra faire avaliser ses choix pour la nomination des juges et des membres de son gouvernement. La maîtrise de l’ordre du jour législatif passera des mains des républicains à celles des démocrates. Mitch McConnell, le président républicain du Sénat sortant, qui s’est exprimé avec force contre le vandalisme institutionnel de Trump, était passé maître dans l’art de bloquer des votes qui auraient pu diviser son camp. Cela a créé une impasse à Washington.

Les démocrates pourraient aussi faire passer certaines mesures au Sénat via la procédure de conciliation, qui permet aux projets de loi budgétaires d’être adoptés par une majorité d’une voix ou plus, et non par les 60 voix nécessaires pour éviter l’obstruction.

Là où les républicains interviennent, c’est dans l’appoint de voix qu’ils peuvent apporter aux démocrates. Plus ils ont le sentiment que les Américains moyens ont été horrifiés par l’émeute, plus il y a de chances que certains d’entre eux refusent de céder au nihilisme consistant à tout bloquer par principe. Plus leur camp sera en guerre avec lui-même, moins ils hésiteront à apporter leur pierre pour rétablir la foi dans la république.

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Un article du « The Economist – Londres » -titre original : « Joe Biden pourra-t-il réparer le carnage de Trump ? ». Source (Extrait)