Étiquettes

Olivier Véran a annoncé une dizaine de malades du variant britannique en différent lieux français. Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, a déclaré le 4 janvier 2021 que ce variant était « l’inquiétude du moment ». Il a réclamé une surveillance plus « agressive » pour tenter d’enrayer sa progression.

Le ministre affirme (comme d’habitude) que tout est sous contrôle : « Nous regardons cela comme le lait sur le feu ». Mais dans les faits la surveillance actuelle apparaît bien dérisoire.

Selon Arnaud Fontanet, le nouveau variant ne peut être distingué de l’ancien que par environ 30 % des machines de tests PCR actuellement utilisées.

Les tests antigéniques, eux, ne permettent aucune distinction. Pour le repérer efficacement, il faut également effectuer un séquençage du génome du virus, ce qui est fait actuellement pour moins d’un test positif sur 1.000, soit 50 fois moins qu’au Royaume-Uni.

 […]

Sollicité pour contribuer à l’élaboration d’une stratégie vaccinale qui fait scandale, le cabinet privé McKinsey et Company n’est que l’un des acteurs d’une pratique très « start-up nation » devenue monnaie courante. Une externalisation des missions de l’État qui nourrit les appétits et affaiblit la puissance publique.

Fiasco vaccinal, appel à l’aide auprès d’une multinationale du conseil, proximité entre réseaux privés et politiques… les ingrédients d’une polémique d’ampleur sont réunis depuis cette révélation : le gouvernement a recours à un cabinet de conseil privé pour mettre en place son plan de vaccination national.

C’est pourtant d’un « circulez, il n’y a rien à voir » que la Macronie espère balayer le problème : « Depuis plusieurs quinquennats, il y a un recours aux cabinets de conseil lorsque sont élaborés, mis en œuvre de grands projets qui nécessitent un appui, des conseils stratégiques ou logistiques. »

C’est ainsi que le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du dernier Conseil des ministres, a tenté de normaliser le rôle de McKinsey et Company auprès de l’exécutif, révélé par Politico et le Canard enchaîné, dans l’élaboration de la stratégie vaccinale, critiquée à tel point que l’exécutif a dû faire un virage à 180 degrés la semaine dernière.

L’arbre qui cache la forêt

C’est pourtant précisément là que le bât blesse : comment l’État peut-il être affaibli au point de présenter comme indispensable l’appel à des cabinets d’expertise privés pour des missions régaliennes relevant de rien de moins que la santé publique ?

 […] Devant les critiques, le gouvernement a bien été obligé de confirmer l’intervention du cabinet McKinsey et Company qui, sollicité, se refuse à tout commentaire.

Ce dernier a été missionné « auprès de la task force pour la définition du cadrage logistique, le benchmarking et la coordination opérationnelle », nous a confirmé la Direction générale de la santé (DGS).

D’ailleurs, l’entreprise américaine n’est pas la seule à avoir été associée. « Il a été fait appel au cabinet Accenture pour le lancement, l’enrichissement et l’accompagnement de la mise en œuvre du SI vaccination (le fichier « Système d’information vaccin Covid » recensant les données relatives aux vaccinés – NDLR), aux cabinets Citwell et JLL, auprès de Santé publique France, pour l’accompagnement logistique et la distribution des vaccins Covid », précise aussi la DGS.

2 millions d’euros par mois.

C’est la somme que touche le cabinet McKinsey pour son intervention dans l’élaboration de la stratégie vaccinale.

 […]

Un problème de souveraineté sanitaire

Du côté de l’État, à chaque fois l’argumentaire est le même. « Ces cabinets n’interviennent à aucun titre sur les choix de nature politique et sanitaire relevant de la seule responsabilité du gouvernement », assure la DGS. « C’est rhétorique. Évidemment, le décideur public ne va pas dire qu’il a sous-traité la décision, il n’empêche que le contenu même est élaboré par des multinationales du conseil qui ont en quelque sorte un monopole d’expertise », réplique Frédéric Pierru .

Le sociologue spécialiste des questions de santé pointe au passage « un problème de souveraineté sanitaire » et des « consultants qui ignorent tout des routines de travail, des rouages administratifs ». « De fait les cabinets de consultants ne sont pas dans une position passive où ils attendraient les marchés, ils encouragent les pouvoirs publics à utiliser leurs services, à mettre en œuvre des programmes où ils ont besoin de leur service », observe Olivier Petitjean, qui insiste, lui aussi, sur « la déconnexion entre le terrain et les lieux de décision » qui en résulte.

 […]


Article composé a partir de plusieurs extraits d’origines médiatiques.