Noyer les débats

Georges Clemenceau créait des commissions pour enterrer des débats, M. Macron, lui, créé des comités de citoyens pour faire diversion.

Après avoir si malmené la Convention citoyenne pour le climat, voici qu’il crée un Comité citoyen pour renouer la confiance dans la vaccination contre le Covid-19, au lieu d’associer le Parlement, les élus régionaux départementaux et les mairies avec les services hospitaliers et les chercheurs.


Avant cette trouvaille, il avait lors de ses vœux puis dans une incroyable mise en scène avec le support du Journal du Dimanche (JDD), critiqué contre son gouvernement lui faisant porter la responsabilité du fiasco de l’entrée en campagne de vaccination.

Ainsi il se dédouanait et jouait l’opposant alors qu’il est seul maître à bord, ou de Conseil de défense en Conseil de défense tout procède de lui et non plus du Conseil des ministres et encore moins du Parlement.


Vient l’acte 3 : la critique des services publics du pays, en faisant croire que ce ne sont pas les responsables politiques qui prennent les décisions.

  • Mais qui a organisé ainsi l’Etat ?
  • Les services de santé ?
  • C’est bien lui et ses prédécesseurs.
  • Faut-il réformer ?
  • Faire reculer la bureaucratie ?
  • Oui, sans aucun doute.
  • Mais la campagne menée contre « l’administration » ne vise pas à l’aider à être plus efficace. Elle a pour unique objet de porter de nouveaux coups à notre fonction publique nationale et territoriale au profit d’une privatisation progressive.

C’est en ce sens que se tend mercredi prochain 13 janvier 2021, un séminaire gouvernemental sur le sujet de la fonction publique, et le 4 février se tiendra un comité interministériel sur la « transformation publique ».


On est loin ici des décisions issues au sortir des affreuses années de guerre de 45 qui confortaient et élargissaient la fonction publique.

Faire croire que nous n’aurions pas en France une logistique qui ne nous permettrait pas de répondre aux actuels besoins est un vaste mensonge.

De la SNCF à la Poste, la France dispose de réseaux performants qui le seraient encore plus si le pouvoir au service du capital ne s’évertuait pas à les affaiblir toujours plus.

On y voit d’ailleurs plus clair quand on apprend que pas moins de quatre cabinets privé, la plupart étranger – Accenture, Citwel, JLL et McKinsey – ont été recrutés à prix d’or pour accompagner le gouvernement dans la campagne de préparation de la vaccination avec le résultat que l’on connaît.

La dépense pour le seul cabinet privé nord-américain McKinsey s’élève à 2 millions par mois. Il en était de même pour l’organisation de la campagne des tests avec la société privé « Bain ».


Derrière tout ce paravent médiatique se cachent deux problèmes fondamentaux :


  • D’abord le besoin de démocratie pour affronter de manière plus efficace la pandémie. […]
  • Ensuite, la période fait éclater au grand jour la dépendance de l’Europe et de la France à des sociétés multinationales de l’industrie pharmaceutique et pour notre pays la dépendance totale de l’extérieur.
  • La question de la destruction de nos entreprises pharmaceutiques nous revient donc comme un boomerang.
  • Une bataille politique soutenue pour un secteur public de la pharmacie en coopération avec la recherche devrait être lancée. Elle pourrait être rassembleuse et marquer des points.
  • Ajoutons enfin que le vaccin anti-Covid-19 devrait devenir un bien public mondial accessible par tous les états et à toute la population sans distinction.

Lettre hebdomadaire de Patrick Le Hyaric – 10/01/2021