Le Sahel … et les militaires !

Ces généraux qui font pression sur Macron lui reprochant de vouloir réduire l’effort de guerre au Sahel, et pas seulement en rapatriant des soldats.

Lors du prochain sommet franco-sahélien organisé à N’Djamena, au Tchad (à la fin de janvier ou au début de février), Macron devra indiquer comment il envisage l’avenir de cette guerre. A cette occasion, les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et quelques autres dirigeants africains l’entendront sans doute annoncer un retrait partiel, en 2021, du contingent français, ramené de 5.100 hommes et femmes à 4.500.

En revanche, il est certain que le chef de guerre Macron formulera encore ses éternels vœux pieux : que les armées des Etats sahéliens participent plus activement à l’effort de guerre, et que certains pays alliés en fassent autant.

Rien, vraiment, de nature à convaincre les Européens, presque tous partisans de laisser les Français combattre en première ligne. Sans compter qu’ils n’ont aucune envie d’être associés à une intervention française considérée comme un échec.

Seul fait nouveau : à Paris, les chefs militaires n’hésitent pas à se prononcer sur la poursuite de cette guerre, lors de leurs auditions, le plus souvent à huis clos, par les commissions de la Défense du Sénat ou de l’Assemblée.

De façon indirecte, ils font ainsi pression sur l’Elysée, où circulent des notes qui, pour la plupart, prétendent répondre à cette question stupide : « Comment partir un peu du Sahel, sans vraiment en partir ? » Reste donc à Macron à chercher la solution miraculeuse qui permettrait d’en finir avec cette chasse aux terroristes qui dure depuis plus de huit ans.

Exemple des propos tenus, dans une relative discrétion, par quelques généraux. Le quatre-étoiles Stéphane Mille, « sous-chef des opérations » à l’état-major des armées : « L’objectif final recherché est de maintenir la crise sécuritaire à un niveau de violence à la portée des armées locales [et d’obtenir] un véritable partenariat de combat » avec les Etats du Sahel.

Et le général Mille ne se gêne pas pour ajouter, devant des députés : « Il est illusoire de penser que nous pourrions conduire les mêmes actions dans un format réduit » (c’est-à-dire si le Président décidait de limiter le nombre de militaires engagés sur place).

Blindés plutôt mortels

Autre intervention remarquée, celle du trois-étoiles Marc Conruyt, com­mandant du contingent Barkhane : « Nous avons porté un coup sévère à l’ennemi désigné par le Président comme prioritaire, l’Etat islamique au Grand Sahara (…). Notre stratégie est cohérente [et la France doit avoir l’assurance] de pouvoir partager le fardeau en européanisant (sic) les forces engagées. » Le général Conruyt ajoute que, « sans Barkhane, la question de la stabilité régionale serait posée à très court terme ».

Traduction : un califat serait vite instauré au Mali et au Burkina. A l’évidence, ces chefs militaires estiment qu’ils protègent aussi l’Europe du danger terroriste et que leur mission au Sahel n’est pas achevée.

Conclusion : le Président ne doit pas réduire ni mettre un terme à l’intervention militaire. Ce qu’un membre de l’état-major confirme, en avouant : « On obéira, certes, [au Président], mais ça freine des quatre fers. »

Mauvaise nouvelle pour certains foudres de guerre : le 9 février, au Sénat, se tiendra un débat en séance publique sur le bilan de cette guerre. L’initiative en revient à la commission de la Défense et à son président, Christian Cambon, élu Républicain. Lequel, à juste titre, affirme que le rôle du Parlement ne doit pas se limiter à« constater les pertes successives de nos soldats », sans s’interroger sur la mort de trois Français, le 28 décembre 2020, et de deux autres, le 2 janvier 2021.

Tous ont été victimes des engins explosifs que les djihadistes enfouissent dans le sol. Et victimes aussi du très faible blindage de leur vieux VBL (11,5 mm en protection de la mitrailleuse qu’il emporte). Voilà qui ne devrait surprendre personne : un tiers des 55 Français tombés au Sahel (si l’on compte les accidents) ont perdu la vie dans les mêmes conditions. Et l’armée se refuse à avouer le nombre d’amputés, infirmes à vie.

C’est aussi au manque d’hélicoptères disponibles que l’on peut mesurer l’échec de l’intervention française. Après le retrait de deux hélicos par les Danois et de trois par les Britanniques, le commandant de Barkhane n’a plus que 16 hélicoptères pour pratiquer l’antiterrorisme aérien dans cette zone sahélo-sahélienne un peu plus vaste que l’Europe.


Claude Angeli. Le Canard – 06/01/2021


Note : Avant toute chose, il s’agit dans cette note, uniquement d’un avis personnel de l’administrateur de ce blog, chacune, chacun, aura sa lecture de l’article du « Canard Enchaîné » proposant un positionnement pro militaire et des évènements ; c’est une position comme une autre.

Peut-être pouvons-nous rétorquer, que ça soit l’Union soviétique ou les Américains les conflits armés (en Afghanistan, Libye, Iran, Syrie entre autre) envers des fanatiques n’ont jamais contribué à une pacification de l’État et l’établissement d’une démocratie. En parallèle sur le plan économique le désengagement des militaires dans le conflit Malien entre autres ferait diminuer l’enveloppe destinée aux forces armées. Cette dernière option n’est bien évidemment pas du goût des militaires.

Personnellement nous réfutons l’argument consistant à faire croire que l’on peut éradiquer le terrorisme fanatique sur le sol français, en guerroyant dans des états étrangers à la France.

Nous pensons peut-être très naïvement qu’il y a d’autres solutions à envisager. Rappelons-nous quand même, qu’avant l’envahissement d’États (que nous avons cité plus haut), que la vie civile y était possible et malgré tout plus prospère qu’actuellement, malgré des dictatures gouvernementales telles que celles : du shah d’Iran Mohammad-Reza Pahlavi, Mouammar Kadhafi, etc. Essayons de nous souvenir la période ou a commencé l’émigration trans européenne …

C’est un constat mais, surtout pas une ode à la dictature … MC