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… éventuellement les vaccins prémunirons contre le virus ensuite … après des « essais grandeur mondiale » et peut-être des surprises !

La course au vaccin (et à l’échalote) entre Moderna, Pfizer et compagnie n’a pas encore livré son verdict que les patrons de ces labos ont déjà encaissé de sacrés cachets ! C’est à qui dégainera le premier… et revendra ses actions au plus haut.

A ce petit jeu, le laboratoire Moderna, fondé par le Français Stéphane Bancel, fait figure de virtuose.

Après qu’il a annoncé plancher sur un vaccin, le cours de l’action de sa biotech (qui n’a jamais commercialisé le moindre médoc) est passé de 20 dollars en janvier à 98 dollars le 16 novembre, quand la boîte a brandi des résultats plus spectaculaires encore que ceux de Pfizer. Si rien ne garantit que son vaccin verra le jour, Bancel s’est déjà assuré un jackpot de malade.

Selon les calculs du « Canard », le patron de la biotech a vendu, depuis le 22 janvier, pour environ 67 millions de dollars d’actions (56 millions d’euros). Tous les trois ou cinq jours, Bancel vend des milliers de titres, avec une plus-value chaque fois plus mirobolante.

Le 14 juillet, Moderna annonce que son essai entrera « dans sa phase finale » à la fin de ce même mois. Aussi sec, le cours grimpe en flèche, passant de 75 à 95 dollars. Mais Bancel n’est pas le seul à s’enrichir : selon Accountable US, une association de défense des contribuables, les cinq dirigeants de Moderna ont vendu, au total, pour 139 millions de dollars d’actions entre le 15 mai et le 31 août, après les avoir achetées 23 millions. Bénef net : 115,5 millions de dollars !

A côté, le patron de Pfizer fait presque pitié…

En cédant, le 9 novembre (le jour où le labo annonçait des résultats prometteurs pour son vaccin), pour 5,6 millions de dollars d’actions, le pédégé, Albert Bourla, a donné le ton : pas gêné !

Ce jour-là, le titre s’est envolé de 15 %. Certes, il était prévu depuis le mois d’août qu’il revende ses coupons à cette échéance. Mais c’est bien cette date, et pas une autre, que Pfizer a choisie pour communiquer sur son vaccin…

Autre exemple ?

Novavax, une boîte américaine en pourparlers avec Bruxelles pour vendre son traitement. Selon Accountable US, ses dirigeants ont empoché 17 millions de bénéfices nets en revendant des tonnes d’actions entre mai et août.

Et le délire continue : la SEC, l’autorité américaine des marchés financiers, n’a toujours pas sifflé la fin de la récré, laissant les pactoles s’accumuler.

En février, l’entreprise américaine Regeneron a annoncé bosser sur un cocktail d’anticorps contre le Covid. Depuis, son cours est passé de 330 dollars à presque 600, et plusieurs dirigeants et membres du conseil d’administration ont cédé pour… 700 millions de dollars d’actions, a raconté le « New York Times » (25/7), sans indiquer leur plus-value nette.

Soigné avec la potion de Regeneron, Trump en a vanté l’efficacité le 3 octobre 2020 sur Twitter, faisant grimper le cours de l’action de 36 dollars. Aussi sec, deux dirigeants de la boîte en ont vendu pour 1 million de dollars. Il était moins une,: le 4 novembre, Regeneron annonçait la suspension de son essai ! Une pilule miraculeuse, surtout pour le portefeuille des patrons…


Article signé des initiales I. B. – Le Canard enchainé. 18/11/2020