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… Ils ne sont pas d’une vérité avérée.

« Tests Covid, 15 minutes ».

En grosses lettres, des affiches placardées sur des barnums blancs fleurissent en ville sous les croix vertes des officines.

Tout un chacun peut se rendre en pharmacie sans ordonnance et sans rien débourser pour demander à réaliser un test antigénique dans l’espoir de savoir dans le quart d’heure s’il est atteint du Covid-19 à cet instant précis.

Et ce, grâce à un simple examen qui s’apparente à un test de grossesse, après le passage obligé d’un prélèvement via un long Coton-Tige dans le nez, comme pour les tests PCR. Au bout d’un quart d’heure, si une seule barre s’affiche, le résultat est négatif. Deux barres, c’est positif.

Mais […] pour les personnes sans symptôme, la fiabilité des tests antigéniques n’est pas établie. […]

Cela aurait pu être une belle avancée si ….

1) Problèmes administratifs

Aujourd’hui, seuls les biologistes sont habilités à remplir la base Sidep. Les autres professionnels de santé en charge des tests antigéniques le seront seulement quand la loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire sera promulguée… Le Conseil constitutionnel doit étudier le texte d’ici au 18 novembre, ce qui retarde d’autant la résolution du problème.

En attendant, les médecins transmettent les cas positifs par le biais d’un téléservice de l’Assurance-maladie, ContactCovid. En revanche, les pharmaciens et infirmiers doivent appeler l’Assurance-maladie ou lui envoyer un courriel via une messagerie sécurisée pour lui énumérer un à un les résultats positifs débusqués. « Je n’arrive pas à les joindre l’après-midi tellement les agents sont débordés, alors généralement, j’appelle le matin… On perd déjà 12 heures », déplore Éric Myon, gérant d’une pharmacie parisienne qui a déjà réalisé 300 tests antigéniques en une dizaine de jours.

Cette méthode archaïque est chronophage pour tout le monde, et notamment pour les 10 000 agents de l’Assurance-maladie qui se consacrent au contact tracing.

2) Des résultats plus rapides mais nettement moins fiables que les tests PCR

Sur le papier, cette stratégie de déploiement massif des tests antigéniques en multipliant les points d’accès à un dépistage express est séduisante. […] Verdict ? Les faux positifs sont rares : si les deux barres s’affichent, c’est sûr à plus de 99 % que la personne est bien atteinte du Covid-19.

Les faux négatifs sont davantage préoccupants. Là, les tests antigéniques sont significativement moins fiables que les PCR. Et comme les performances des différents tests sur le marché sont très hétérogènes, pour être autorisés à être vendus en France, la Haute Autorité de la santé (HAS) a préconisé d’imposer un seuil minimal de sensibilité de 80 %.

Cela signifie que la marge d’erreur pour qu’une personne ayant des symptômes du Covid soit effectivement porteuse du virus, même si le résultat du test antigénique est négatif, doit être de 20 % au maximum.

Les personnes vulnérables présentant des signes de la maladie peuvent se faire dépister via un test rapide mais afin de ne pas manquer une personne positive qui risque de développer une forme grave de Covid-19, si le résultat est négatif, elles doivent réaliser un test PCR en confirmation.

Pour les personnes ne présentant pas de symptômes, l’efficacité n’est pas encore prouvée … !!!!


Rozenn Le Saint. Médiapart. Titre original : « tests antigéniques : la solution miracle on n’est pas une ». Source (Extrait)