Le choix contestable du ministre Blanquer !

Comment un ministre fût-il de l’éducation … peut-il subventionner des syndicats étudiants … en voilà une bonne question et ce même si la totalité allouée à ses structures n’est qu’une goutte d’eau dans le budget de l’éducation nationale … MC

Blanquer achèterait le silence d’associations syndicales … notamment « Avenir Lycéen ».

« Avenir Lycéen » Créé en 2018, rassemblement de jeunes étudiants, officiellement « apolitique », ne cache pas sa sympathie pour les positions gouvernementales.

Sa présence sur les réseaux sociaux semblait, jusqu’en août dernier, dédiée en grande partie au relais de la communication ministérielle. 

Le problème?

Selon Médiapart, l’enveloppe (généreuse) allouée par le ministère de l’Éducation nationale à ce jeune syndicat a été en partie dilapidée dans des frais qui n’avaient pas grand-chose à voir avec ses missions.

Dans le même temps, d’autres associations voient fondre leurs crédits. 

Des dépenses surprenantes 

« 432 euros dans un Apple Store », « 75,50 euros dans un restaurant à Paris », « 276,52 euros à l’hôtel Madrigal », « 426,47 à l’hôtel Intercontinental de Lyon », « 8.000 euros de matériel informatique », « 1600 euros » retirés au cœur de l’été… égrène le site d’informations en ligne, qui a recueilli les explications de plusieurs membres d’Avenir Lycéen. 

Et elles sont particulièrement embarrassées, d’autant que le congrès fondateur du syndicat, qui devait justifier une grande partie des 60.000 euros alloués par le ministère en 2019, n’a jamais été organisé.

Les lycéens expliquent avoir eu du mal à trouver une salle, puis avoir été contraints par le contexte sanitaire.

Une partie de l’enveloppe a donc été utilisée pour des « déplacements et rencontres en région afin de pallier les reports successifs et de répondre à la demande de rencontres et d’échanges de la part de nos adhérents et de nos partenaires », selon les mots d’une ancienne dirigeante du syndicat.

« Je n’ai jamais validé aucune dépense puisque je n’ai jamais été informé de ces dépenses par qui que ce soit », ajoute un autre lycéen, présenté par Médiapart comme « l’éphémère président du syndicat à l’été 2020 ».

Inégalités entre associations?

De son côté, le ministère de l’Éducation nationale explique au site d’informations que l’association a été « sensibilisée au bon usage d’une subvention publique », mais se défend de tout « laxisme » « dans le contrôle financier de cette association comme pour les autres ».

« Les subventions demandées au titre des déplacements, s’agissant d’une association nationale, l’ont été pour des restaurants et des hôtels correspondant aux déplacements de l’équipe de direction d’Avenir Lycéen afin d’assister à des événements organisés par les représentants départementaux et régionaux de l’association », explique simplement l’entourage de Jean-Michel Blanquer.

Contacté par Le HuffPost pour davantage de précisions, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas souhaité répondre. 

Car au-delà de ces habitudes dispendieuses, le cas d’Avenir Lycéen semble révéler une inégalité de traitement entre les différentes associations étudiantes.

Après l’enveloppe de 60.000 €, le syndicat a reçu 30.000 € en 2020 de la part du ministère, le montant qu’il demandait. 

D’autres n’ont manifestement pas eu cette chance. 

En 2018, le Mouvement national lycéen, arrivé juste derrière Avenir Lycéen aux élections du Conseil supérieur de l’éducation, a perçu 10.000 €… et rien depuis.

De son côté, l’Union nationale lycéenne (UNL), un autre syndicat lycéen classé à gauche constate -toujours auprès de Médiapart– que son enveloppe a fondu au fil des ans, passant de 80.000 euros en 2018 à 20.000 en 2020.

Également sollicité sur ce sujet, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas donné suite. 


Anthony Berthelier. Huffpost. Titre original : «Les dépenses d’un syndicat pro-Blanquer épinglées par Médiapart ». Source (Extrait)


Comment un ministre … peut-il subventionner des syndicats étudiants ??? … En voilà une bonne question et ce même si le montant total des subventions allouées, ne sont qu’une goutte d’eau dans l’énorme budget de l’éducation nationale (2eme budget national derriere celui des armées) … MC


6 réflexions sur “Le choix contestable du ministre Blanquer !

  1. Matatoune 11/11/2020 / 07:10

    Inadmissible ! Heureusement que Mediapart à un service d’investigation très bon . 😉

  2. bernarddominik 11/11/2020 / 09:22

    J’ai lu l’article de mediapart. Cela pose la question des subventions que ce soit celles de l’état ou celles des collectivités territoriales. C’est un moyen de pression et de récompense à la discrétion des ministres, maires, présidents de la république, des régions départements agglo. Ce devrait être tout simplement interdit, les abus sont légion et les condamnations rares. Le maire de mon village a toujours avancé l’animation du village comme motif de subvention, et c’est incontestable que sans l’aide la mairie le festival d’orgue, le bal du 14 juillet, les expositions et conférences etc n’auraient pas lieu, mais au milieu de ces aides se glisse une subvention au pcf, à un club bouliste, à un CIQ dont on ne voit pas la relation avec une quelconque animation. Effectivement c’est peu dans le budget, on va pas se disputer pour ça. Ici dans les BdR les condamnations ont été nombreuses pour ces abus.

    • Libres jugements 11/11/2020 / 09:55

      Avant de sélectionner celui du canard j’avais lu celui de Médiapart nettement plus long et détaillé. au moment de faire cette sélection je privilégiais effectivement le canard d’abord parce qu’il est nettement plus court, ensuite parce que s’il est bon de signaler ce genre de pratique faut-il en faire tout un plat sachant que c’est hélas entré dans les mœurs et pratique délictueuse de l’argent public sans le plus souvent qu’il y ait des vérifications de l’utilisation de ces subventions.
      Dans tous les cas Bernard, merci pour tes commentaires
      Bonne journée
      Michel

  3. jjbey 12/11/2020 / 10:10

    Rien d’étonnant car dans toutes les relations employeurs salariés il existe des conventions, collectives, statuts, règlements d’entreprise qui énoncent les règles contractuelles relatives au droit syndical, outre celles qui découlent du droit du travail. Des subventions peuvent être prévues sous des formes différentes mais généralement seulement pour les organisations syndicales représentatives au sens dudit code. Attribuer une subventions à une organisation qui n’existe même pas, juridiquement parlant, me paraît bafouer les textes et relever de pratiques illégales sanctionnables.

  4. tatchou92 13/11/2020 / 22:41

    C’est inoui ! Celles et ceux d’entre nous, qui œuvrons dans des organisations, associations, fondations représentatives, ayant pignon sur rue, reconnues, agrées, savons que pour présenter une demande de subvention, auprès d’une autorité publique, il nous faut un dossier solide, avec un projet de budget équilibré, présenter un bilan de l’exercice précédent, un compte de gestion. S’agissant d’argent public, la liste des bénéficiaires et les montants versés sont annexés à la délibération votée par l’exécutif. C’est la règle à respecter par tous et cela devrait éviter les dérapages.. Pas de copinage. Et il y a le contrôle de légalité..

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