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Le mouvement paramilitaire et ultranationaliste turc des « Loups Gris » s’est entraîné aux actions violentes en Ardèche.

Cette organisation a été dissoute mercredi par décret présidentiel. Et dans ce texte officiel, on apprend que ses membres en France participent à des camps d’entraînement sur le territoire national, à l’instar du « camp des armes de jeunesse » organisé à Satillieu (Ardèche) les 13 et 14 décembre 2019.

Pourquoi à Satillieu ? Où précisément ? La maire de la commune tombe des nues. « C’est saisissant que la commune soit citée nommément alors que je ne suis au courant de rien », explique Marie Vercasson, « j’espère que la préfecture me donnera des explications et je souhaite que le nom de la commune soit retirée du décret ».

À ce stade, la préfecture de l’Ardèche n’a pas été en mesure de nous renseigner non plus. « Les Loups Gris » à l’origine des agressions au péage de Vienne ?

Cette organisation des « Loups Gris » a été créée en Turquie en 1968, elle a des ramifications dans toute l’Europe. En France, ses membres cherchent essentiellement à s’en prendre à la communauté d’origine arménienne.

Le décret recense également des actions violentes et armées menées par ce mouvement. Il lui attribue notamment les incidents du 28 octobre à Vienne en Isère.  Ce jour-là, il y a eu deux évènements graves.

Le premier, le matin à la barrière de péage de Vienne. Des manifestants pro-Arménie demandant l’indépendance du Haut-Karabagh sont agressés dont un habitant de Bourg-lès-Valence gravement blessé d’un coup de marteau à la tête.

Le deuxième évènement se déroule en fin de journée. Environ 250 jeunes d’origine turque défilent dans le centre-ville de Vienne et les forces de l’ordre sont visés par une dizaine de tirs de mortier d’artifice.

Le décret cite des slogans sans ambiguïté clamés ce jour-là « Ici, c’est la Turquie », « on va tuer les Arméniens », « vous êtes où les Arméniens ? On est chez vous, bandes de fils de pute ». 

Ce sont aussi les « Loups Gris » qui auraient profané le mémorial du génocide arménien de 1915 à Décines-Charpieu (Rhône) dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre dernier.

Les enquêtes ouvertes sur chacun de ces faits devront en identifier les auteurs.

Par décret, c’est le mouvement qui est dissous. 


Vendredi 6 novembre 2020  – Florence Beaudet, France Bleu Drôme Ardèche. Source