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On peut être fier de notre médecine moderne. Des équipements de pointe (IRM, scanner…), des chirurgies extrêmement complexes ou encore des transplantations d’organes…

Mais pour endiguer les épidémies, il faut reconnaître que la science actuelle n’a pas inventé grand-chose… les mêmes solutions depuis 700 ans ?

En réalité, la majorité des mesures qui ont été prises pour freiner la propagation du coronavirus sont connues et utilisées depuis plusieurs siècles :

  • Les premières règles de distanciation sociale et d’isolement sont apparues au milieu du XIVesiècle en Italie, lors des grandes épidémies de peste noire[1].
  • La quarantaine est née à Raguse en 1377, toujours pour lutter contre la peste, avant d’être adoptée à Venise, à Marseille et dans la plupart des ports européens[2].
  • L’utilisation du masque et les mesures de protections (gants, combinaison…) ont débuté en 1619 : Charles Delorme, médecin de Louis XIII, invente le fameux costume du médecin de la peste, avec son masque en forme de bec[3].
  • Le nettoyage des mains est étonnamment plus récent : c’est « seulement » en 1847 que le médecin hongrois, Philippe Semmelweis, impose le lavage de main dans ses services, après avoir découvert qu’il réduisait le nombre d’infections chez les femmes après l’accouchement[4].

Vous voyez que mis à part les tests de dépistage et les applications de traçage, nos techniques pour agir sur l’épidémie ont peu évolué.

Je suis surpris que nos autorités de santé, souvent les premières à mépriser les remèdes de nos ancêtres en temps normal, se ruent tout à coup sur les techniques anciennes en période de crise.

Mais quitte à s’inspirer d’approches ancestrales, ils auraient encore pu ajouter quelques mesures à leur arsenal.

De la poudre de vipère et de la myrrhe dans votre masque

J’ai parlé plus haut du célèbre masque en forme de bec d’oiseau, utilisé par les médecins de la peste.

Les médecins portaient ces masques pour se protéger des miasmes de la peste. Avant la découverte des microbes, ils pensaient que c’était l’air vicié qui propageait les maladies.

Mais ce qu’on sait moins, c’est que ces masques étaient remplis d’herbes, de fleurs et d’encens.

Le mélange utilisé le plus connu était la thériaque, un célèbre contrepoison hérité des Romains.

Dans la recette originale, on trouve des ingrédients étonnants, comme de la poudre de peau de vipère séchée ou des rognons de castor.

Mais surtout, ce mélange millénaire contenait plus de 55 plantes médicinales dont un grand nombre a des bienfaits antimicrobiens aujourd’hui validés par les recherches :

  • La cannelle de Ceylan, qui possède une forte activité antibactérienne et bactériostatique, notamment sous forme d’huile essentielle, démontrée par de nombreuses études scientifiques[5][6].
  • Le laurier commun, dont les feuilles sont antibactériennes[7] et anti-inflammatoires[8]. Son huile essentielle est particulièrement intéressante contre les infections pulmonaires et ORL[9]. Des études ont d’ailleurs démontré son utilité contre le coronavirus du SRAS en 2008[10].
  • La myrrhe, antiseptique qui agirait notamment sur certains pathogènes très résistants : staphylocoque doré, Candida albicans ou encore Escherichia coli[11].
  • Le gingembre, dont les effets anti-inflammatoires sont aujourd’hui reconnus[12], est aussi un antiviral efficace contre les affections respiratoires, notamment en cas de rhinovirus[13]. Il serait également un puissant stimulant pour le système immunitaire[14].
  • Le persil, très riche en vitamine C, vitamine qui joue un rôle important dans la qualité de nos défenses immunitaires.
  • Ou encore le benjoin, antiseptique pulmonaire, le calament, qui possède des principes actifs antimicrobiens, l’aloès, anti-inflammatoire reconnu…

Et encore ce ne sont ici que quelques exemples des plantes de la thériaque les plus étudiées par la science.

De nos ancêtres qui combattaient la peste, nos autorités n’ont repris que l’idée de se protéger physiquement le visage avec un masque…

Dommage qu’elles n’aient pas jugé bon de s’intéresser aussi aux plantes anti-infectieuses qui se trouvaient à l’intérieur du masque.

Aujourd’hui, nous connaissons de nombreuses plantes anti-infectieuses utiles pour se protéger ou pour agir contre différents virus.

Elles auraient mérité d’être étudiées contre le coronavirus. Et pourquoi ne pas appliquer des huiles essentielles directement sur nos masques en tissus, pour une version « modernisée » du fameux masque de la peste ?

Du soleil et de l’air frais

Nos autorités continuent d’ignorer l’importance de la vitamine D sur l’immunité, alors même que l’Académie nationale de médecine a reconnu son utilité contre la Covid-19 dans un communiqué en mai dernier[15].

Je vous rappelle que la vitamine D est synthétisée quand nous nous exposons au soleil au printemps et en été. C’est pourquoi il est généralement conseillé de se supplémenter en hiver.

Mais bien avant la découverte de la vitamine D en 1922[16], nos ancêtres ont déjà compris que l’exposition au soleil peut aider en cas de maladie infectieuse.

À partir du XIXe siècle, on construit des établissements spéciaux pour les malades de la tuberculose. Ce sont les fameux sanatoriums.

Le but du sanatorium n’est pas seulement d’isoler les malades contagieux, mais c’est surtout de les traiter par une cure de soleil et d’air frais.

C’est pourquoi ces établissements étaient situés en montagne ou au bord de la mer, loin de la pollution, et toujours bien exposés à la lumière du soleil.

Il y a près de 200 ans, nos ancêtres avaient compris la nécessité d’être au grand air et de prendre le soleil pour accélérer le processus de soin.

Aujourd’hui, on fait tout le contraire : on enferme les gens chez eux. Dommage…

Il ne nous reste plus que la possibilité d’aérer régulièrement notre appartement et de prendre de la vitamine D en complément.

Pour purifier votre maison, il existe encore une autre technique, utilisée dans toutes les traditions, c’est la fumigation, qui consiste à brûler des plantes pour profiter de leurs fumées, soit pour sa santé, soit dans un cadre sacré et spirituel.

Il y a 2 500 ans, cette méthode était déjà recommandée par Hippocrate pour lutter contre les épidémies.

Aujourd’hui, des travaux scientifiques ont validé l’efficacité de certaines plantes en fumigation pour nettoyer une pièce de ses microbes.


Florent Cavaler – Blog « Pure Santé » – Source


  1. Jean-Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, t. II : Les hommes face à la peste, Paris – La Haye, Mouton, 1976
  2. François de Lannoy, Pestes et épidémies au Moyen âge : VIe-XVe siècles, Rennes, Éditions Ouest-France, 2016.
  3. Erin Blakemore, Pourquoi les médecins de la peste portaient-ils ces drôles de masques ?, National Geographic.
  4. Anaïs Bouissou, Coronavirus : retour sur l’histoire des gestes barrières, août 2020, RTL.
  5. Prabuseenivasan S, Jayakumar M, Ignacimuthu S. In vitro antibacterial activity of some plant essential oils. BMC Complement Altern Med. 2006 Nov 30;6:39.
  6. Moleyar V, Narasimham P. Antibacterial activity of essential oil components. Int J Food Microbiol. 1992 Aug;16(4):337-42.
  7. Ramos C, Teixeira B, Batista I, Matos O, Serrano C, Neng NR, Nogueira JM, Nunes ML, Marques A. Antioxidant and antibacterial activity of essential oil and extracts of bay laurel Laurus nobilis Linnaeus (Lauraceae) from Portugal. Nat Prod Res. 2012;26(6):518-29.
  8. Esra K, Ilkay O, Erdem Y. Evaluation of Some Plants Used in Turkish Folk Medicine for Their Anti-inflammatory and Antinociceptive Activities. Pharmaceutical biology.2007; 45(7): 547-555.
  9. Merghni A, Marzouki H, Hentati H, Aouni M, Mastouri M. Antibacterial and antibiofilm activities of Laurus nobilis L. essential oil against Staphylococcus aureus strains associated with oral infections. Pathol Biol (Paris). 2015 Dec 4. pii: S0369-8114(15)00101-7.
  10. oizzo MR, Saab AM, Tundis R, Statti GA, Menichini F, Lampronti I, Gambari R, Cinatl J, Doerr HW. Phytochemical analysis and in vitro antiviral activities of the essential oils of seven Lebanon species. Chem Biodivers. 2008 Mar;5(3):461-70. doi: 10.1002/cbdv.200890045.
  11. Dolara P, Corte B, Ghelardini C, Pugliese AM, Cerbai E, Menichetti S, Lo Nostro A. Local anaesthetic, antibacterial and antifungal properties of sesquiterpenes from myrrh. Planta Med. 2000 May;66(4):356-8.
  12. Penna, S.C., Medeiros, M.V. Anti-inflammatory effect of the hydralcoholic extract of Zingiber officinale rhizomes on rat paw and skin edema. Phytomed 2003; 10(5): 381-385
  13. Clive V. Denyer, Peter Jackson, David M. Loakes, Malcolm R. Ellis, David A. B. Young. Isolation of Antirhinoviral Sesquiterpenes from Ginger (Zingiber officinale). J. Nat. Prod. 1994, 57, 5, 658-662, May 1, 1994
  14. He SM, Li CG, Liu JP, Chan E, Duan W, Zhou SF. Disposition pathways and pharmacokinetics of herbal medicines in humans. Curr Med Chem. 2010;17(33):4072-113.
  15. Vitamine D et Covid-19, Communiqué de l’Académie nationale de Médecine, 22 mai 2020.
  16. [16] L. Tavera-Mendoza et J. White « La vitamine du soleil » Pour la Science mars 2008, p. 74-80.