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Il semble bien que cette information … soit malheureusement parfaitement exact. Toutefois … restons prudent … attendons d’autres sons de cloche …

Si cela est totalement vrai, cela confirme (si besoin était) qu’une équipe
de pieds nickelés nous gouverne, son incompétence et ses egos reconnus étant incompatibles avec la demande de solidarité nationale préconisée par le roitelet et pourtant absolument nécessaire par ce temps de pandémie . MC

« Pas de chef, des ministres rivaux, des structures qui sempilent, l’info qui ne circule pas… »

  • L’absence d’un vrai pilote pour gérer la crise ;
  • Un cafouillage généralisé entre services ;
  • Des chevauchements de compétences ralentissant, voire compromettent les décisions…

Les conclusions du bilan sur la gestion printanière de l’épidémie, rédigé par le général Richard Lizurey (l’ex-numero un de la gendarmerie), se révêlent fort déplaisantes.

Pis : en mettant (le premier) son bec dans ce rapport « confidentiel, à diffusion restreinte », de 67 pages (dont deux tiers d’annexes), Le Canard à eu la facheuse impression que, depuis le début de la deuxième vague, les choses n’avaient pas beaucoup changé !

Prolifération de cellules

Le 5 avril, Édouard Philippe fait sortir Lizurey de sa retraite pour lui confier « une mission d’audit et de conseil sur les modalités du pilotage interministériel » de la crise sanitaire.

Deux mois plus tard, après avoir participé b de multiples réunions, conduit « plusieurs dizaine» d’entretiens » avec ministres, conseillers, directeurs d’administration et préfets, le quintuple étoilé remet son rapport aux ministères concernés. Étrangement, le document n’a pas été transmis aux missions parlementaires chargées d’enquêter sur la gestion de la crise. Les ministres (ou Matignon. ou l’Elysée) auraient-ils pris ombrage de ses conclusions ?

Lizurey déplorait à la fois « une forte centralisation des décisions et l’absence d’un acteur en propre » pour commander.

Un général aurait-il fait l’affaire, mon général ?

  • Premier critiqué, le Conseil de défense et de sécurité nationale. présidé par le chef de l’Etat lui-même, Le Conseil a « privilégié l’information au détriment de la décision stratégique », Autrement dit, il a préféré le diagnostic au remède.
  • Dans le même temps, la cellule interministérielle de crise (CIC) « n’a pas réussi à suffisamment jouer son rôle de coordination » En réalité, elle était surtout la cellule de l’Intérieur. Installée Place Beauvau, elle ne disposait que de locaux peu pratiques (exigus, coincés entre le sous-sol et la salle des fêtes), qui n’offraient pas de « bonnes conditions d’accueil pour tous les représentants des ministères concernés ».

Un prétexte. Ajoute le général, qui a permis au ministère de la Santé de négliger la CIC jusqu’au lendemain du confinement, Avenue de Ségur, Olivier Véran disposait de sa propre cellule de crise (centre de crise sanitaire), concurrente de la CIC. Cette rivalité malsaine au sommet de l’État a été l’ « un des facteurs de difficulté de conduite » de la lutte contre la pandémie. Mortel …

  • D’autant que Véran n’était pas seul à dédaigner la CIC, Inévitablement, les réunions, comme les interlocuteurs, se sont multipliées, et « l’information s’est diluée ».
  • D’autres ministères qui daignaient, eux, se rendre à Beauvau, y envoyaient des représentants juniors  (sic), Ces seconds couteaux n’étaient « pas hiérarchiquement suffisamment élevé » pour « engager la position de leur ministère ».
  • Assez tout de même, pour montrer leur proximité avec leurs collègues et oublier les gestes barrières… Bilan : entre mars et mai 2020, plusieurs fonctionnaires « ont été ‘arrêtés’ car ils avaient des développés des symptômes d’une infection coronavirus ».

Un comble !

Dans les régions, même diagnostic: « la mise en œuvre opérationnelle de la crise lyl a été segmentée », écrit Lizurey.

  • Les préfets et, en face, les dirlos des agences régionale de santé (ARS), chacun voulant être le chef de l’autre!. «  L’existence de ces deux univers a pu créer des viscosités » jargonne le général, qui déplore « un manque de fluidité dans les relations entre représentants de l’État et des collectivités locales » Normal, pour des entités visqueuses… « Cette-superposition de structures avec des rôles proches, des frontières de compétences floues (…) a complexifier le partage et la circulation de l’information ».

Illustration : certains hauts fonctionnaires ont « découvert des textes législatives ou réglementaires trop tardivement pour pouvoir y intégrer leurs expertises ». Pis, des préfets non prient connaissance de certaines décisions ministérielles que par la presse !

Plateforme en forme plate

Début avril 2020, soucieux de remédier a ces flottements, le ministère de l’Intérieur a mis en place « une offre collaborative d’échange d’infos ». La Santé s’était dotée de sa propre plateforme de documentation. Un mois plus tard, nouvelle tentative, avec le développement, par Beauvau, d’Atalante (une structure interministérielle de partage de données).

Nouvelles « réticence:de la part de plusieurs ministères » pouvant « mettre en péril ce projet toujours en cours ». « Autre point de fragilité majeur » : la logistique, et, bien sûr, l’approvisionnement en masques. Le ministère de la Santé a « éprouvé des difficultés à faire appel à des acheteurs qualifiés » :

  • les ARS ont « mis du temps à identifier les compétences et les moyens disponibles pour distribuer les masques » ;
  • Santé publique France, enfin, chargé de la gestion des réserves stratégiques, a « rencontré des difficultés (…), faute, notamment, de compétences et de moyens suffisants », Y a un loup !

Dans son rapport, le général formule vingt et une recommandations pour mieux gérer des lendemains contaminés.

Exemples

  • repenser le dispositif interministériel de crise,
  • doubler les responsables dans chaque poste au cas ou l’un d’eux tomberait malade 
  • créer « une main-courante décisionnelle et un tableau de suivi des décisions prises »,

A l’heure actuelle, aucune de ces propositions n’a été mise en œuvre.

On attend la troisième vague ?


Didier Hassoux – Le Canard Enchaîné du 28/10/2020