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Peu avant que la décision soit enfin prise de dissoudre le Collectif Cheikh Yassine (CCY), on apprenait que Mohamed Achamlane, leader du groupuscule djihadiste Forsane Alizza, sorti de prison le 31 décembre 2019, avait de nouveau quelques petits pépins.

Condamné en 2015 à neuf ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme », le bonhomme demandait la levée de son assignation à résidence dans son département de Loire-Atlantique, au motif qu’il avait été embauché comme chauffeur routier.

Le juge a refusé et a renouvelé son obligation de pointer chaque soir au commissariat de Bouguenais. Ce pour deux raisons :

  1. une expertise psychiatrique laissant entrevoir un risque de récidive
  2. … et, citons le magistrat, « la circonstance, non sérieusement contestée par M. Achamlane, qu’il avait cherché à se procurer des armes à feu au printemps 2020 ».

De cette information, on peut tirer deux conclusions.

  1. La première : bien que Forsane Alizza ait été dissous le 1er mars 2012, son dirigeant et sans aucun doute certains de ses adeptes semblent ne pas avoir renoncé à leurs buts. Les dissolutions sont donc les bienvenues, mais elles n’éliminent ni l’idéologie ni la détermination. La prison non plus, hélas.
  2. Second enseignement : il faut se méfier de ceux qu’on prend à première vue pour des guignols, ce qui vaut pour Sefrioui son Collectif Cheikh Yassine, comme pour Forsane Alizza ou le Parti des musulmans de France (PMF), dont le président a vu ses avoirs financiers gelés en 2014, et pour d’autres encore.

L’islam radical, ce n’est pas seulement les salafistes, les tablighis et les Frères musulmans, qui cherchent une respectabilité et une reconnaissance, par exemple auprès des élus locaux. Ce sont aussi de petits groupes affichant leur radicalité, leur haine, leur antisémitisme et au minimum (comme le responsable de Baraka City) leur goût de la provocation.

Revenons en arrière, au 29 octobre 2011, lorsque les catholiques intégristes de Civitas manifestaient contre la pièce de théâtre de Roméo Castellucci « Sur le concept du visage du fils de Dieu ». À côté d’eux, unis contre le « blasphème », ceux qu’on croyait être des clowns, enturbannés façon talibans, avec des filles portant niqab : les militants de Forsane Alizza. Or les clowns s’entraînaient et voulaient passer à l’acte.

Le Parti des Musulmans de France (PMF), dont le quotidien Le Monde notait dès le milieu des années 2000 qu’il « professe un antisionisme obsessionnel qui cache mal un net antisémitisme », a suffisamment gangrené son fief de Strasbourg pour qu’on reparle de ses réseaux en 2018, lors de l’attentat du marché de Noël. Or sa proximité affichée avec les négationnistes et l’ultradroite antijuive aurait pu laisser penser qu’il agissait à la marge de la marge.

Les adeptes du rappeur de Sannois (Val-d’Oise) Mohamed D. et de son association, Killuminateam-Les soldats dans le sentier d’Allah, dissoute en janvier 2020, tournaient des clips où ils affichaient des looks à la Thomas Sankara avec dreadlocks. Donc même les simili-dingues, les adeptes de l’outrance et les bras cassés doivent être surveillés de près.


Jean-Yves Camus – Charlie Hebdo – 28/10/2020


Un avis de l’administrateur qui bien évidemment ne regarde que lui comme d’habitude… à lire l’article ci-dessus les dangers occasionnés par un islamisme radical auraient des racines bien plus larges et profondes en France ayant offert un terreau permettant l’expansion de la radicalité importée.

Faut-il opposer cette version à celle historiquement induite par les différentes guerres colonisantes et commercialement hégémonique des USA avec les actions militaires menées en Afghanistan, Iran, ou celle en sous-main envers l’Irak, le Yémen, la Libye et maints pays du bassin méditerranéen ou sub-africains, base de la montée d’un islamisme radical ? Autrement dit faut-il lié la genèse de l’épanouissement islamique, sa volonté d’en découdre, à cause de l’appauvrissement des populations maltraitées (notamment des civiles) par les actions armées et les pillages économiques résultant des conflits fomentées par les États-Unis ?

Si tant est que notre analyse soit exacte, elle ne résout en rien les problèmes actuels de l’embrigadement d’une partie de la religion islamique, vers le terrorismes réalisées par ces fanatiques extrémistes adeptes de la charia, prêt à combattre au nom d’une certaine lecture du Coran.

Bien évidemment chaque lectrice lecteur aura son analyse personnelle.

Il faudra trouver une solution (des solutions ?) pour endiguer ce déferlement- a quel niveau, comment … Trouver les moyens de respecter multilatéralement les mélanges culturels et cultuels dans une ambiance apaisée, permettent aux différents cultes et cultures de chaque pays, de vivre en harmonie ensemble. Nul ne peut nier l’actuel brassage mondialisé des personnes, des idées, des croyances résultant (en France notamment) d’antérieurs colonisations. MC