Étiquettes

Pour avoir voulu enseigner cette liberté à ses élèves d’une classe de quatrième d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été décapité au couteau de cuisine à la sortie par un jeune Tchétchène au cerveau nécrosé par l’islamisme radical.

Alors que se poursuit le procès du carnage de « Charlie », cet attentat abominable et révulsant d’un enseignant vient s’ajouter à la meurtrière litanie de ceux qui, depuis des années, l’ont précédé.

De tous ces attentats de plus, de tous ces attentats de trop, qui, des enfants de l’école Otzar Hatorah de Toulouse aux badauds de la Promenade des Anglais, à Nice, en passant par les spectateurs du Bataclan, les clients des terrasses du XIe arrondissement ou de l’Hyper Cacher, à Paris, pour ne pas tous les citer, n’en finissent pas de meurtrir le pays, sa laïcité et notre liberté d’y vivre ou de s’y exprimer.

Tous ont en commun d’être ou d’avoir été commis au nom de l’islamisme radical. C’est-à-dire d’une idéologie totalitaire obscurantiste et sanguinaire qui entend, dans un pays laïque, interdire par la terreur toute critique d’une religion, l’islam, qu’elle ne cesse elle-même de dévoyer. Et qui, s’abritant derrière l’« islamophobie » qu’elle engendre, reste en état de nuire.

Sauf que, cette fois, à force d’avoir trop entendu les mêmes mots, les mêmes débats, qui, une fois l’émotion passée, sont vite oubliés, jusqu’à la prochaine fois, il est question que les effets d’annonce deviennent des annonces suivies d’effets.

[…]

Vouloir empêcher les islamistes de « dormir tranquilles » et marteler à coups de menton que « la peur doit changer de camp » a des accents de feu Pasqua, qui entendait terroriser le terrorisme, et ne suffit évidemment pas à y parvenir.

C’est pour cela que Macron a réclamé des « actes concrets » et des « actions immédiates ». Les premières expulsions des fichés S expulsables, menaces d’interdiction d’associations suspectées de complaisance islamiste, fermetures de mosquées, comme celle de Pantin, pour les mêmes raisons, ont déjà commencé.

Viendront ensuite d’autres mesures sur le « séparatisme », dont le projet de loi, avant d’être présenté en décembre, va ainsi être musclé par plus d’un article. Par une série de mesures également prévendues comme « sans concession ».

Elles ne devront, bien sûr, pas prendre de libertés avec le droit, qui, même contraignant, reste le garant des libertés qu’il s’agit de défendre et de préserver.

[…]


Édito d’Erik Emptaz  (Extrait) – Le Canard Enchainé – 21/10/2020