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Sept cents adhérents au compteur. Le Printemps républicain a beau être groupusculaire, sa capacité de nuisance dans le débat public ne faiblit pas.

À chaque polémique piégée, cabale médiatique et autres « paniques identitaires », le mouvement co-fondé par Laurent Bouvet en 2016 n’est jamais loin.

C’est encore le cas aujourd’hui avec le « manifeste contre le nouvel antisémitisme », paru dimanche dans les colonnes du Parisien, dont les termes suscitent de vives réactions.

Parmi les signataires du texte, on retrouve les figures les plus connues du groupe, comme le politologue Laurent Bouvet, la philosophe Élisabeth Badinter ou encore le préfet Gilles Clavreul. Mais les polémiques en chaîne ont discrédité les intentions initiales du Printemps républicain, dont les premiers signataires sont nombreux à prendre des distances avec le discours… et la méthode. […]

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Pour saturer l’espace public et démonter ses adversaires, le Printemps républicain n’hésite pas à emprunter les pires méthodes de dénigrement public.

Ce fut le cas avec Edwy Plenel, mais aussi le directeur de l’Iris, Pascal Boniface, l’humoriste Yassine Bellatar, le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, ou encore Rokhaya Diallo.

À la suite d’une violente campagne sur les réseaux sociaux, la militante antiraciste avait été évincée, provoquant la démission de tous les membres du Conseil national du numérique.

Autre triste polémique, en février dernier, celle de la jeune chanteuse Mennel, de The Voice, qui jeta l’éponge après une cabale de la fachosphère. Le Printemps républicain a beau se défendre d’y être pour quelque chose, c’est l’une de ses proches, Françoise Laborde, qui avait apostrophé la direction de TF1 après exhumation de tweets complotistes de la jeune fille. Car c’est sur les réseaux sociaux que le Printemps républicain est le plus actif.

Pratiquant les mêmes méthodes que la fachosphère, ses membres forment une « meute », en pariant sur la réaction du « camp adverse », celui de l’antiracisme, analyse Nicolas Vanderbiest, chercheur spécialisé dans les phénomènes d’influence sur les réseaux sociaux.

Pour le sociologue Éric Fassin s’inquiète que « dans le débat public, la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Une manière de « déplacer la question du racisme vers la laïcité ».

Selon le politologue et sociologue Geoffroy de Lagasnerie. « Lorsque l’on veut comprendre un phénomène social et politique, il ne faut pas se concentrer sur la manière dont il se présente. Il faut regarder ce qu’il fait objectivement, explique-t-il dans une longue tribune publiée sur son compte Facebook. Et ce que fait aujourd’hui, objectivement, le Printemps républicain, c’est une succession de campagnes qui prennent pour cibles des Noirs et des Arabes afin de les renvoyer à l’illégitimité et à l’invisibilité. »

La polémique et la vindicte en tant que telles semblent bien souvent y être les principaux objectifs, loin de toute volonté d’approfondir la réflexion ou de faire œuvre de pédagogie.


Audrey Loussouarn – Titre original : « polémiques. Le Printemps républicain, un pouvoir de nuisance orageux » – Source (Extrait)


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