Étiquettes

, ,

L’autre jour, en reculant avec ma Dacia, j’ai très légèrement égratigné une magnifique Tesla.

Je fais le constat avec le propriétaire du superbe engin, et voici ce que l’homme, directeur d’un magasin de sport, m’explique : son bijou à 60.000 euros ne lui en a coûté que la moitié, en raison des aides publiques diverses qu’il a reçues — de l’État, de la Région Île-de-France, aide aux entreprises (la Tesla est bien sûr au nom de sa boîte).

Il est choqué : « Ça coûte cher aux finances publiques, pour pas un seul emploi créé en France ! »

Mais ce n’est que le début.

Les jolies petites voitures électriques chinoises (longtemps interdites de marché européen pour cause d’échec aux tests de sécurité) débarquent. Et vous savez quoi ? Elles sont bien moins chères que les Renault ou les Peugeot, et sans doute mieux foutues.

Nous allons donc en acheter par cartons de 12.

Oui, c’est chinois, oui, c’est mal, mais quand même. Et puis, votre téléphone est chinois, votre télé est coréenne, votre ordi est taïwanais… Vous ne savez même plus d’où viennent votre frigo, vos meubles ou les jouets de vos enfants. Êtes-vous au courant que Volvo appartient désormais au chinois Geely ?

Pourquoi les Chinois sont-ils en train de nous bouffer tout crus ?

Parce qu’ils ont mené une politique industrielle, ce gros mot interdit dans les salles de fac, les réunions du ministère des Finances et surtout, surtout, jusque dans les chiottes de la Commission européenne, depuis des décennies.

Quand Renault ou Peugeot ont créé des usines en Chine, ils ont été obligés de « s’allier » avec les producteurs locaux, qui leur ont piqué toutes leurs technologies et font désormais mieux qu’eux, et moins cher. Tout le monde savait que ça allait se passer comme ça, cela a été dit, écrit et répété à l’époque.

 Que nos chers patrons aient ainsi, sciemment, bousillé l’avenir industriel de notre pays au profit de la plus grande dictature de la planète, en nombre d’habitants, en dit long sur leur « patriotisme économique ».

Histoire de vous mettre définitivement en PLS (position latérale de sécurité), je vous rappelle que 40 % de la valeur d’un véhicule électrique est dans la batterie. Or quel est le pays asiatique anciennement dirigé par Mao Zedong qui est, de très loin, le premier producteur au monde de batteries ? Je vous laisse deviner. Batteries qui, au passage, nécessitent des tas de minerais extraits dans des conditions particulièrement dégueulasses (travail des enfants, esclavage moderne, accidents mortels, contaminations…).

Donc, quand vous entendez « transition écologique », pensez plutôt « voitures chinoises avec du sang d’enfant dedans ». Mais tout cela est-il important ? Regardons plutôt, si vous le voulez bien, la superbe MG ZS EV, 100 % électrique. MG, anciennement marque britannique, est désormais dans le giron de Shanghai Automotive Industry Corporation. Chinoise, donc.

 Comme le dit Ruben, 41 ans, ingénieur en informatique, « Le silence dans l’habitacle est bluffant, et la finition n’a rien à envier à n’importe quel modèle électrique actuel. C’est même le meilleur rapport qualité-prix que j ‘ai vu sur le marché (1). »

Soit 263 km d’autonomie pour 29.990 euros. Le tout hors bonus écologique (6.000 euros) et prime à la conversion (encore 5.000 euros) — merci l’État, merci, merci, merci !

Autrement dit, monsieur, pour le prix d’une minuscule et très moche Renault Zoe, vous pouvez avoir une splendide bagnole où mettre femme, enfants et maîtresse. Je vous laisse choisir.


Jacques Littauer. Charlie hebdo. 07/10/2020


  1. « Automobile : les constructeurs chinois repartent à l’assaut de l’Europe » (Le Parisien, 1er septembre 2020).