Hôpital. Les « urgences » payantes des 2021

Glissée au milieu du Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale (PLFSS), la mesure était presque passée inaperçue.

Alors que plusieurs réformes tarifaires ont été repoussées pour cause de crise sanitaire (psychiatrie, soins de suite et de réadaptation…), tous les malades se rendant aux urgences seront, eux, sommés de mettre la main à la poche dès 2021.

Les passages dans ce service ne nécessitant pas d’hospitalisation feront ainsi l’objet d’un montant fixe, en lieu et place de l’actuel ticket modérateur laissant 20 à 30 % du coût des soins aux malades, souvent remboursés pour ceux disposant d’une complémentaire santé.

Course aux petites économies

[…] Dans sa course aux petites économies pour limiter un déficit de la Sécurité sociale creusé par la Covid, le gouvernement ne recule devant rien. […]

«  Il faut réorganiser la médecine de ville »

[…]

Comme le souligne Christophe Prudhomme, urgentiste à Avicenne et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), « c’est une décision populiste, on transforme les usagers en boucs émissaires. C’est devenu très compliqué d’avoir un rendez-vous avec un généraliste dans la journée. Ils ne prennent plus les gens pour une entorse, par exemple. La question de la fracture numérique se pose aussi. Tout le monde n’a pas accès à Doctolib et aux visio-consultations. Il faut réorganiser la médecine de ville, pas autour des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), comme le voulait le gouvernement, mais autour des centres de santé ».

Une nouvelle fois, les usagers des déserts médicaux seraient les plus pénalisés. […]

Les passages aux services des urgences ont doublé en vingt ans

Bien loin de la réalité, le gouvernement poursuit donc sa logique de désengorgement des services d’urgences, où les passages ont doublé en vingt ans (atteignant 21,4 millions en 2017). C’est le sens de la réforme du modèle de financement des structures des urgences devant entrer en vigueur au 1er janvier 2021.

Tout comme celui du « forfait de réorientation », censé inciter financièrement les hôpitaux à rediriger 5 à 10 % des malades non urgents vers la médecine libérale.

Cette expérimentation contestée, voulue par le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’a finalement jamais été menée à cause la pandémie. « On ne tient pas compte des besoins, poursuit Christophe Prudhomme, nous manquons de lits, 3.400 ont été fermés dans les hôpitaux en 2019, mais aussi de personnel. Nous faisons face à un flot de démissions car la charge de travail est intolérable. »


Cécile Rousseau. L’Humanité. titre original : « Hôpital. Les patients obligés de payer dès 2021 pour aller aux urgences : pourquoi c’est un scandale ». <a href="http://&lt;!– wp:paragraph –> <p>Cécile Rousseau. L’Humanité. titre original : « Hôpital. Les patients obligés de payer dès 2021 pour aller aux urgences : pourquoi c'est un scandale ». Source (Extrait) <a href="https://www.humanite.fr/hopital-les-patients-obliges-de-payer-des-2021-pour-aller-aux-urgences-pourquoi-cest-un-scandale">https://www.humanite.fr/hopital-les-patients-obliges-de-payer-des-2021-pour-aller-aux-urgences-pourquoi-cest-un-scandale</a></p&gt; Source (Extrait)


6 réflexions sur “Hôpital. Les « urgences » payantes des 2021

  1. Sigmund Van Roll 05/10/2020 / 11:04

    Réorganiser la médecine de ville en faveur des gens fortunés et les autres sont laissés pour compte . C’est un désengagement progressif de la part de ce gouvernement à l’égard de notre sécurité sociale qui était la plus fiable , il y une vingtaine d’années. 😴😴

    • Libres jugements 05/10/2020 / 16:39

      Et oui que veux-tu Sigmund…
      Dans ma jeunesse celle de l’immédiate après-guerre, dans une ville de banlieue parisienne, pour pallier au manque de médecins libéraux, la commune avait installé un dispensaire ou les plus démunis (dont ma famille faisait parti) pouvaient se faire soigner en ne payant que le ticket modérateur.
      D’une certaine manière l’État, les régions, les communes ou les intercommunalités ont repris l’idée avec les maisons de santé sauf … le sauf est magistrale, grandiose, au lieu d’installer des médecins appointés on a recrutés des médecins libéraux qui en aucun cas pratique le tiers payant.
      Certes nous sommes dans une position où il fallait réduire les déserts médicaux -en ruralité surtout- mais encore une fois le problème n’a pas été pris par le bon bout, à savoir que le nombre d’étudiants en médecine (numérus clausus) est toujours limité, en mettant des locaux à disposition on ne résout que partiellement le problème des déserts médicaux.
      Dans le département de l’Ardèche ou nous habitons le nombre de services des urgences sur le l’ensemble du département, est de cinq. La distance entre les zones peuvent aller jusqu’à 80 km, le tout sur les routes souvent sinueuses. Les hôpitaux locaux ont été abandonnés transformer en hôpital de jour ou en Ephad.
      Pour terminer, il ne faut absolument pas s’illusionner, les soins quels qu’ils soient, demain seront tous payants et pas forcement couvert par des assurances … t’as du fric tu rentre dans un service, plein de fric t’aura droit a un super cador pour te soigner …
      Avec mon amitié
      Michel

  2. bernarddominik 05/10/2020 / 14:08

    Il y a diverses raisons pour lesquelles les passages aux urgences ont doublé, il y a les généralistes qui ont choisi de limiter leurs visites, l’obligation de passer par un médecin traitant peu disponible, et le mode de vie qui a changé, morsures de chiens, accidents dus aux sports, hommes trop sédentaires et incapables de tenir un tourne vis, outils de bricolages…

  3. Skyler 05/10/2020 / 15:00

    Certes il y a des gens qui viennent engorger les urgences pour un pet de travers, mais il y en a d’autres qui viennent là car ils n’ont pas d’autres choix (médecin trop loin, pas de rv dispo, SOS médecins saturés, etc.).

    Et donc, la personne paniquée qui viendra aux urgences avec son enfant car à 2h du mat, celui-ci a plus de 40 de fièvre, devra payer au même titre que le poivrot qui aura des points de sutures car il se sera battu dans un bar ?

    Le gouvernement fait payer ses erreurs de gestion par les « gueux », au lieu de régler le fond du problème en embauchant dans les hôpitaux et en repeuplant de généralistes les déserts médicaux !

    • Libres jugements 05/10/2020 / 16:18

      Il semble que cette information recueille bon Nombre d’approbations de même quelques commentaires de remarques tout à fait justifiées.
      En tout cas merci d’avoir contribué à donner l’information confirmant que les urgences sont une nécessité.
      Bonne soirée
      Cordialement
      Michel

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