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… ou comment Eric Dupond-Moretti s’offre une nouvelle posture médiatique.

Avec sa proposition d’une justice « totalement filmée et diffusée », le garde des Sceaux, vient de réussir une fois de plus, à semer la zizanie dans les palais de justice.

Les avocats se disent plutôt pour l’arrivée des caméras dans les prétoires. Sur le thème : « les magistrats seront obligés de mieux se tenir, ne pourront plus regarder les mouches voler durant les audiences où se montre odieux avec les prévenus ». Plus prosaïquement, une partie du barreau mis également sur les faits « vu à la télé » pour doper le chiffre d’affaires des cabinets.

De leur côté, les syndicats de magistrats se montrent bien plus réservés et agitent les grands principes de « sérénité de la justice » et de « respect de la présomption d’innocence ». Sans parler de leurs droits inaliénables à somnoler au milieu d’un procès…

Mais au-delà du traditionnel réflexe corporatiste, des questions se posent.

A priori rien de tout cela ne devrait arriver, et le ministre le sait fort bien.

Pour une raison toute bête que le conseil constitutionnel a déjà tranché la question en jugeant, le zéro décembre 2019, que l’interdiction de filmer et de diffuser des audiences devait être maintenue (« Les Échos », 29/09/2019).

Mais le garde des Sceaux se sera quand même, offert un à un bel effet de manche


Article signé des initiales H. L. Le Canard enchaîné. 30/09/2020