Étiquettes

Les apparences, c’est connu, sont trompeuses.

Ainsi, concernant la gestion de la criseducovid®, on a chaque jour davantage l’impression que le gouvernement est atteint du syndrome de la boule de flipper folle : il heurte de plein fouet l’obligation de «faire quelque chose», avant d’être renvoyé violemment vers la nécessité impérieuse de ne pas naufrager davantage l’économie, pour être illico expédié vers les injonctions contradictoires de Diafoirus médiatiques ravis de revenir en deuxième saison de Top Toubib, et enfin rebondir sans fin dans le carrousel de la panique générale, avec pour seule perspective le «tilt» fatidique. Eh bien, pas du tout.

Le gouvernement, qui est composé de natural born winners dotés de cerveaux affûtés et d’un sens de la communication hors pair, a manifestement fait une découverte virologique d’importance, qui a échappé aux scientifiques les plus pointus : contrairement aux Français, qui font n’importe quoi n’importe comment, le Covid-19 est très organisé. C’est un modèle de discipline, se fixant des règles de conduite auxquelles il ne déroge sous aucun prétexte, frôlant parfois la maniaquerie. C’est donc en fonction de ces règles que le gouvernement, guidé par le chevalier Castex et son écuyer Véran, a mis en place son dernier train de mesures de protection de la France, mesures audacieuses injustement décriées et contestées par des petits barons provinciaux jaloux et des caciques parisiens aigris.

Quelques exemples de ces manies « covidiennes », qui ont justifié les récentes décisions gouvernementales.

  • Quand il monte à Paris, le Covid ne va jamais au bistrot avant 22 heures – alors que quand il est dans le Sud, c’est open bar.
  • Pour le resto, comme les clients sont assis, ils ne risquent rien, ou en tout cas, beaucoup moins. Même s’ils postillonnent en mangeant.

Le ministre de la Santé l’a lui-même confirmé quand il a présenté ses nouvelles mesures stop Covid, la semaine dernière « Pour les restaurants […], on voit moins de gens debout ».

  • Car la position assise désoriente le virus et il passe au-dessus de la cible (donc, il faut impérativement que les Marseillais, s’ils veulent survivre à l’épidémie, arrêtent de manger debout).
  • De même, il est allergique aux larmes et, par conséquent, ne fréquente pas les enterrements, qui restent donc autorisés sans restriction.
  • Pour les grands rassemblements et les concerts, au-dessous de 1.000 personnes, il ne se déplace pas.
  • Le Covid-19 a sa dignité, il laisse les petites salles à la grippe vulgaire et au Covid-18. De surcroît, il est prudent : il évite les foules lourdement armées, comme celles qui navigueront bientôt entre les stands du Salon Euronaval du Bourget, qui est toujours maintenu et pourra accueillir du 20 au 23 octobre ses visiteurs habituels : ministres, chefs d’état-major de marine, amateurs de bateaux à canons, experts militaires, etc.
  • Cela montre la rigueur de la discipline qu’il s’est imposée, car on sait combien le Covid adore les porte-avions…

Arrêtons donc de ricaner ou de ronchonner à chaque fois que le gouvernement prend une décision courageuse pour faire barrage à cet ennemi intérieur qui ronge sournoisement nos poumons et notre cohésion sociale. […]

Marchons (assis) derrière nos dirigeants éclairés et respectons à la lettre les consignes édictées pour les zones rouge mou (« zone d’alerte »), rouge dur (« alerte renforcée ») et rouge écarlate (« alerte maximale »). Et quand le gouvernement décidera de créer une zone rouge cramoisi (« alerte sauve-qui-peut »), c’est que, vraiment, la situation sera désespérée.


Gérard Biard – Charlie hebdo. 30/09/2020


Incohérence décisionnelle … Mais non … Droit dans leurs bottes ces « Jean- Foutre » – MC