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Avant d’étaler des analyses plus ou moins fantaisistes, dire que c’est de la faute de, où à, … essayons de voir un peu plus claire de l’événement dramatique et absolument condamnable perpétré par cet inconnu se disant pakistanais tout juste âgée de 18 ans. Ci-après diverses réflexions qui nous semblent être les reflets d’interrogations populaires … chacune, chacun pourra se faire une idée….

Il n’est pas -pour le moment du moins- évoqué de complot, ni d’acte commandité. Pour autant le choix du lieu de l’attentat laisse perplexe. Il est de notoriété publique que les locaux de Charlie hebdo ont été déménagés depuis plusieurs mois.

Question : N’est-ce alors que naïveté de l’assaillant, ou d’autres raisons seraient-elles liées à ce choix de lieux. Il a été suggérer que l’assaillant croyait que les personnes attaquées étaient des salariés de « Charlie Hebdo »

Faut-il supposer que l’attaque a été perpétré sachant parfaitement que les personnes grièvement blessées sont des salariés d’une agence de presse spécialisée dans l’investigation, la recherche de vérité … qui par leurs reportages interpellent voire dérangent certains dirigeants d’entreprises ?

Saurons-nous un jour la réelle motivation de cette attaque ?

Quoi qu’il en soit, cet acte accentue « l’ambiance relevée à dessein, comme insécuritaire par certains politiques et relayée par les médias » tout en étant soigneusement orchestrée en sous-main, par le com’ gouvernementale, afin de servir les prochaines élections.

Médias gouvernement sont en train de d’instiller dans la pensée populaire que seul le sécuritaire politique et sanitaire est le souci des Français en omettant–cachant la réalité journalière de l’augmentation du nombre de chômeurs, de fermeture d’entreprise, des difficultés à nouveau dans les services hospitaliers pour lesquels rien n’a été faites malgré les promesses gouvernementales, pas plus que n’est envisagé une augmentation raisonnée du pouvoir d’achat, etc. Pendant que l’on parle de d’insécurité on ne fait aucune étude ni proposition en vu des prochaines échéances électorales afin que l’ensemble de la population française, retrouve une situation financière plus convenable, permettant de vivre décemment de son travail

Attention à cette période où tout peut se passer. MC


L’avis d’un éditorialiste : Patrick Le Hyaric

On le savait sans jamais vouloir y croire, on voulait l’oublier mais le procès en cours des auteurs des attentats terroristes contre la rédaction de Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes et contre des policiers, nous le rappelait depuis plusieurs jours sans discontinuer. Une attaque terroriste à l’arme blanche s’est produite quasiment devant la plaque commémorative de ces attentats, à l’entrée du bâtiment où étaient hier logés nos confrères du magazine, blessant grièvement deux collaborateurs de l’agence de presse et société de production « Premières Lignes ».

Cet attentat a lieu deux jours après l’initiative d’une centaine de groupes de presse et de médias appelant à défendre la liberté de la presse. Cette attaque ne fait que renforcer ce qu’ensemble nous avons dit à l’adresse de la population dans ce texte collectif : « Il faut que les ennemis de la liberté comprennent que nous sommes tous ensemble leurs adversaires résolus, quelles que soient par ailleurs nos différences d’opinions ou de croyances ». Et de conclure avec un appel impérieux : « Nous devons réunir nos forces pour chasser la peur et faire triompher notre amour indestructible de la liberté ».

Dans un tel contexte, ce n’est pas la restriction des libertés publiques au nom de la lutte anti-terroriste ou du combat contre la pandémie qui permettrait la solidarisation citoyenne pourtant indispensable.

Au contraire la mise en berne des libertés signerait la victoire de la terreur et notre étouffement. Ce n’est pas non plus en reculant sur nos valeurs républicaines, celles proclamée il y a 228 ans, ce n’est pas non plus en cédant sur le fort principe de laïcité, ou en alimentant de nauséeux et nauséabonds débats repris dans les abjects tracts de l’extrême droite qu’on arme la population contre cet autre fascisme qui tue ici, à Londres, comme en Syrie, en Irak ou au Pakistan tous les jours.


Le lettre de Patrick Le Hyaric – 26/09/2020 – Source (Extrait)


L’avis de Christophe Deloire. Vue de Suisse

Comment avez-vous réagi à ce nouvel attentat ?

J’ai trouvé tragique ce sentiment de répétition, même si l’attaque n’est pas de même ampleur. Ça m’a fait froid dans le dos, car il y a cinq ans j’étais à « Charlie » juste après l’attaque et aujourd’hui, par hasard, il se trouve que j’étais juste à côté. C’est un peu sidérant de constater qu’on est toujours confronté à cette violence dans la forme la plus extrême de la censure, celle qui consiste à tuer pour essayer d’intimider et de réduire le périmètre de la liberté d’expression.

Il y a un peu ce sentiment qu’on n’en sort pas…

Ça, on le savait. Il suffit de regarder les réactions dans le monde à la publication récente des dessins par « Charlie Hebdo ». Ces manifestations, ces chefs d’État qui condamnent… Le blasphème est un délit ou un crime dans près de 60 pays, et ce chiffre régresse très peu. Et à côté de cet aspect étatique, il y a aussi la société, avec des extrémistes qui veulent empêcher la critique de leur système de pensée. Au Moyen-Orient, au Pakistan, au Bangladesh, il y a des journalistes ou des blogueurs qui sont tués simplement parce qu’ils font leur boulot.

En France, êtes-vous confiant ou craignez-vous que la volonté de défense de la liberté de la presse puisse être ébranlée ?

Ce que je vois, c’est quand même une résistance très forte. De la société, des médias et des institutions. La société française, elle l’a prouvé le 11 janvier 2015 (ndlr : jour de la grande manifestation de soutien à « Charlie Hebdo »). Les médias et leur tribune publiée mercredi, signée par tous, c’est quelque chose d’extrêmement puissant. Et enfin les institutions tiennent ferme dans la défense des grands principes du droit et de la liberté de pensée. Le procès en cours en est un exemple.


24 Heures (Suisse) – Alain Rebetez – Source (Extrait)


L’avis de Pierre Marlet. Vue de Belgique

On dit souvent qu’il n’y a pas de hasard ! Que l’histoire se répète ou balbutie… J’étais à Paris en ce sinistre jour de janvier 2015 où 11 personnes meurent victimes de la liberté d’expression.

Aujourd’hui, la France revit ce drame depuis trois semaines à la cour d’assises spéciale de Paris : les survivants, les témoins, les policiers témoignent souvent de manière poignante le chaos de ces terribles journées.

La société attend que justice se fasse, les familles des victimes espèrent un apaisement de ce procès, les autorités cherchent à éclairer quelques zones d’ombre sur ce qui s’est passé durant ces trois jours à Paris qui se terminent à l’hyper kasher et ont débuté dans les locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert.

Coïncidence ou…

Et voilà qu’en plein procès, en ce 25 septembre 2020 survient une nouvelle attaque au même endroit. Coïncidence de temps, coïncidence de lieu. Certes, le bilan n’est pas comparable mais on comprend l’émoi considérable que cela suscite…

À nouveau, ce sont des journalistes qui sont visés. Ceux de Premières lignes qui produisent l’émission d’enquête Cash investigation. Ils sont dans le même bâtiment que les locaux de Charlie Hebdo… […]

Climat délétère

Il y a 2 jours, 90 médias français signaient de concert un texte pour défendre la liberté d’expression. Parce que Charlie Hebdo était à nouveau menacé par Al-Qaïda pour avoir republié les caricatures de Mahomet à l’occasion du procès.

Une démarche historique et tristement nécessaire, estiment les auteurs du texte. Parce que bien loin de la jolie bouffée d’oxygène de la grande manif du 12 janvier 2015 au nom de « Je suis Charlie », le climat est aujourd’hui délétère. « La violence des mots s’est peu à peu transformée en violence physique » dit ce texte qui se veut une tribune de la liberté d’expression. On peut aussi y lire : « certains d’entre vous sont menacés de morts sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations internationales ».

Non, il n’y a pas de hasard : ce texte a été publié il y a 2 jours… […]


Pierre Marlet – RTBF (Belgique) – Source (Extrait)