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Deux visions de l’évènement, à vous de vous faire une idée. MC

Selon Julia Hamlaoui – L’Humanité – titre original : « ce qu’il fallait retenir du discours d’Emmanuel Macron sur la république ». Source https://www.humanite.fr/ce-quil-fallait-retenir-du-discours-demmanuel-macron-sur-la-republique-693123

Le chef de l’Etat s’exprime depuis le Panthéon ce vendredi 4 septembre, à l’occasion du 150e anniversaire de la proclamation de la IIIe République, pour une rentrée qu’il veut axer sur le « patriotisme Républicain ».

C’est une première de ce quinquennat qui ne doit rien au hasard. Emmanuel Macron se saisit du 150eanniversaire de la proclamation de la IIIe République par Léon Gambetta, ce vendredi 4 septembre, pour une rentrée qui, après l’annonce du plan de relance jeudi, se veut accès sur le « patriotisme républicain », en amont de la présentation à l’automne d’un projet de loi contre le « séparatisme».

C’est avant de présider une cérémonie de naturalisation mise en scène pour l’occasion que le chef de l’Etat s’exprime depuis le  Panthéon. Son discours intervient après un été marqué par une surenchère sécuritaire et une course à l’échalote du gouvernement avec la droite et l’extrême droite.

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« Ce sera un discours ferme pour faire bloc derrière la République », indiquait-on jeudi à l’Élysée, où l’on estimait qu’il « est temps de rappeler aux Français ce que signifie être citoyen en République »

Voici ce qu’il faut retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron :

– 10h08 : le discours du président attendu pour 10 heures a quelques minutes de retard. L’entourage du chef de l’Etat fait savoir que celui-ci devrait être assez bref, une quinzaine de minutes.

– 10h13 : l’intervention présidentielle qui doit être suivie d’une cérémonie de naturalisation est précédée de la lecture par une collégienne du texte de la proclamation de la IIIe République par Léon Gambetta le 4 septembre 1870 depuis l’Hôtel de ville de Paris après la défaite de l’empereur Napoléon III à Sedan face aux armées prussiennes.

– 10h15 : Emmanuel Macron s’adresse aux personnes naturalisées « Léon Gambetta, dont nous avons entendu les mots, était comme vous : fils d’immigré, récent naturalisé. Français de sang mêlé. C’est lui, pourtant, qui ressuscita la République, ce régime politique de liberté sous lequel nous vivons depuis cent cinquante ans. Il y a tant d’autres Léon Gambetta », lance le président avant d’évoquer le parcours de Marie Curie, Joséphine Baker, Félix Eboué ou encore Gisèle Halimi.  « Un hommage national sera prochainement rendu dans la cour des Invalides » à Gisèle Halimi « disparue cet été », a annoncé le président.

– 10h19 : « C’est votre tour désormais, par delà vos origines, d’écrire vos vies en République (…) d’endosser pleinement les habits de citoyen français, en vous hissant au-delà de vous-mêmes », assure le président avant de présicer sa vision de la citoyenneté : « des devoirs et des droits, mais toujours des devoirs d’abord ». « La République est toujours fragile, toujours précaire, elle doit être un combat de chaque aube, une conquête de chaque jour », poursuit-il livrant ainsi sa « définition » du  « patriotisme républicain ».

– 10h22: Emmanuel Macron décline son discours selon la devise de la République. Sur la liberté, il met en avant la laïcité : « ce régime unique au monde qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire. Mais qui n’est pas séparable d’une liberté d’expression allant jusqu’au droit au blasphème », déclare-t-il en mentionnant les attentats de janvier de 2015 dont le procès s’est ouvert cette semaine. « Etre français c’est toujours être du côté des combattants de la liberté.  Et plus encore quand les renoncements prospèrent, quand la censure progresse », conclut-il sur ce thème. 

– 10h 25 : Sur l’égalité, Emmanuel Macron évoque la « République sociale », citant pêle-mêle « Péguy, Jaurès, Blum, Mendès France ». « Chaque citoyen doit pouvoir construire sa vie par son travail par son mérite, nous sommes encore trop loin de cet idéal. (…) l’égalité des chances n’est pas encore une réalité dans notre république », poursuit-il sur ce thème promettant d’aller « plus loin, plus fort dans les semaines à venir » sur cette « priorité de ce quinquennat », maniant un concept utilisé par les libéraux pour voiler la forêt des inégalités. Une méthode déjà employé lors de son allocution du 14 juin au cours de laquelle ils avaient renvoyé les jeunes mobilisés contre le racisme et les violences policières au rang de « séparatistes ». « Mais l’égalité, elle aussi, est un bloc. Des droits, des devoirs », prévient immédiatement le président : « la République parce qu’elle est indivisible n’admet aucune aventure séparatiste ». La présentation d’un « projet de loi de lutte contre les séparatismes » dès « cet automne » est confirmée. Un thème qu’Emmanuel Macron a tenté de mettre en selle en février dernier à Mulhouse en plein coeur de la mobilisation sociale contre la réforme des retraites, et qu’il réinvite dans le débat alors que les conséquences sociales de la crise sanitaire pourraient attiser la colère. 

– 10h 29 : Sur la fraternité, le chef de l’Etat commence par évoquer la sécurité, tout un symbole :  « Force à la loi, jamais à l’arbitraire. Ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre, aux élus ne passeront pas ». Le ton se veut martial dans la droite ligne des discours gouvernementaux des dernières semaines alors qu’une série de faits divers a donné lieu à une surenchère avec l’extrême droite à propos d’un prétendu « ensauvagement ». « La fraternité repose sur chaque citoyen et pas simplement sur un Etat qui donnerait des droits », enchaîne le président, selon une conception chère à la droite libérale. « La République ne déboulonne pas de statues, on ne choisit pas une part de France, on choisit la France (…) Devenir Français c’est l’épouser tout entière », assène-t-il ensuite à propos d’un débat réouvert dans la foulée du mouvement mondial contre le racisme et les violences policières après l’assassinat de George Floyd.  Le président a la mémoire sélective puisque des rues aux noms de tortionnaires et de collaborateurs ont bien été débaptisées, la question ne se limitant pas à la connaissance de l’histoire de France mais à la promotion de certains de ses personnages dans l’espace public. 

– 10h31 : « Notre langue, c’est ce qui tient ensemble notre peuple, notre histoire », estime Emmanuel Macron, citant Charles Peguy et son « la République… notre royaume de France », pour démontrer que l’idée est antérieur à la Révolution. « La République commence, vous l’avez compris, bien avant la République elle-même car ses valeurs sont enracinées dans notre histoire », estime-t-il d’ailleurs. Une exaltation de l’histoire jusqu’à la monarchie – « En bloc, toujours. Le sacre de Reims et la Fête de la Fédération » –  qui n’est pas sans rappeler une sortie, datée de 2015,  de celui qui s’apprêtait alors à devenir le candidat Macron : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment », jugeait celui-ci dans Le 1’Hebdo.

– 10h34 : Emmanuel Macron s’adresse désormais à « notre jeunesse de France à qui (il) souhaite d’aimer la République d’une passion intacte. (…) C’est elle qui vous a fait naître libre. A chaque fois que le drapeau sera à terre, il faudra le rehisser », juge-t-il à l’intention des collégiens présents au Panthéon. « Être français n’est jamais seulement une identité, c’est une citoyenneté » ajoute le chef de l’Etat renvoyant pour la énième fois aux devoirs qui y sont attachés.

– 10h36 : fin du discours d’Emmanuel Macron au Panthéon, clôturé par La Marseillaise interprétée par le cœur de l’armée française. 


Selon Huffington Post – Anthony Berthelier – titre original : « De Jaurès à Baker, Macron invoque ces « illustres destins » pour dessiner sa République ». Source

Rite de transmission au Panthéon. Célébrant les 150 ans de la proclamation de la République, Emmanuel Macron a présidé, ce vendredi 4 septembre, une cérémonie d’accès à la nationalité françaises de six immigrés. Une façon pour lui de prendre un peu de hauteur sur les débats sécuritaires qui secouent le pays en mettant à l’honneur les valeurs de la République, à travers notamment plusieurs de ses illustres figures. 

De Joséphine Baker, « née américaine qui choisit la France pour la faire briller de son talent et de son énergie » à Gisèle Halimi, le chef de l’État a multiplié les hommages à ces personnalités. Toutes et tous, selon lui, s’inscrivent dans la lignée de Léon Gambetta, fils d’immigré, « Français de sang-mêlé », qui proclama la République le 4 septembre 1870. 

« Autant de destins dont vous êtes aujourd’hui les légataires. C’est à votre tour désormais, au coté de tous les enfants de la République par leur naissance, d’écrire votre vie en République », a notamment lancé le président à l’adresse des six naturalisés, dans un appel au « patriotisme républicain ».

Car derrière ces personnalités emblématiques, Emmanuel Macron n’a pas manqué de délivrer un message politique. Comme son entourage l’indiquait la veille de son discours, le chef de l’État s’est convaincu qu’il fallait impérativement « rappeler ce que les Français doivent à la République » dans le « temps historique » actuel marqué par la montée en puissance des « forces obscurantistes ».

Il estime ainsi qu’être citoyen, c’est « des devoirs et des droits », mais toujours des devoirs d’abord. « Devenir français c’est en effet accepter d’être plus qu’un individu poursuivant ses intérêts propres. C’est être un citoyen qui concourt au bien commun, qui cultive une vertu républicaine », a notamment expliqué Emmanuel Macron au Panthéon après avoir cité les exemples de Gisèle Halimi, Joséphine Baker ou Marie Curie. 

« Marie Curie naquit et grandit en Pologne. Elle reçut deux prix Nobel et fit le choix de servir la France dans les tranchées comme simple infirmière avant d’ouvrir aux femmes deux portes restées fermées jusque-là: les portes de la Sorbonne et du Panthéon », a-t-il lancé dans un hommage à « ces grandes femmes et ces grands hommes », dont certains, comme le Guyanais Felix Éboué sont « nés si loin de la métropole » et qui « ont porté si haut nos valeurs ».

« Descendant d’esclave, il répondit dès le 18 juin à l’appel du général de Gaulle. Il fut le premier à planter l’étendard de la France libre au Tchad. Sans cet enfant de notre Guyane, l’épopée des forces françaises libres n’aurait pas été la même », a salué Emmanuel Macron dans cet ode à l’engagement républicain.

Mais le chef de l’État de s’est pas borné à cette vision de la République. Il a également évoqué son intention d’aller « plus loin, plus fort, dans les semaines qui viennent » pour promouvoir « l’égalité des chances ».

En faisant de ce thème « une priorité du quinquennat », Emmanuel Macron a ainsi voulu s’inscrire dans les pas de « Charles Péguy, Jean Jaurès, Léon Blum, Pierre Mendès France », des personnalités qui « ont porté haut la République sociale ». « Cette idée, au fond, que chaque citoyen, quel que soit le lieu où il vit, le milieu d’où il vient, doit pouvoir construire sa vie par son travail, par son mérite. Nous sommes encore loin, trop loin de cet idéal », a regretté le président.

L’égalité des chances, ou la nouvelle priorité du chef de l’État avec l’ordre républicain, la sécurité et le séparatisme. Un lourd programme pour préserver une république « fragile et précaire », selon ses mots.


Chacune, chacun choisira sa version, voire trouvera de bonnes choses dans l’une et l’autre. Il reste pas moins vrai que malgré tous les dires d’Emmanuel Macron, l’égalité des chances en France n’est pas au rendez-vous depuis plusieurs décennies et ce n’est pas les trois années de sa gestion qui a changé le volet social, la sécurité de l’emploi, une réelle évolution du pouvoir d’achat notamment dans les bas salaires, quant à la sécurité sanitaire, après ces mois de pandémie, force est de constater qu’elle fut bien mal mise à l’épreuve. MC