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… avant le nouvel ordre … qui pourrait de nouveau amendé … autrement dit : prière de décliner le verbe je cafouille, tu cafouille, elle/il cafouille … etc. MC

Huit mois après le début de l’épidémie, le ministère de la Santé et son agence Santé publique France (SPF) n’arrivent toujours pas à comptabiliser correctement les malades hospitalisés ou en réanimation.

Parfois, les chiffres annoncés apparaissent en hausse, alors qu’en réalité ils diminuent.

D’autres jours, ils semblent indiquer une baisse significative, alors qu’il s’agit d’un simple effet de rattrapage.

Dernier exemple : le 26 août [2020], faute de données actualisées, SPF s’est résolu à mettre en ligne exactement les mêmes informations que la veille.

Drôle d’incubation …

En principe, ces erreurs n’ont pas lieu d’être : les admissions et les sorties des patients doivent être obligatoirement enregistrées par l’hôpital concerné dans le système d’information Si-Vic, connecté aux ordinateurs de Santé publique France. Côté entrées, les erreurs restent plutôt rares.

Côté sorties, en revanche, c’est un peu le foutoir, certains établissements de santé ne mettant à jour les départs que bien tardivement.

« C’est pour cette raison qu’il faut se méfier des statistiques quotidiennes et privilégier les chiffres hebdomadaires, qui indiquent plus sûrement les tendances de fond », alerte un ponte du ministère.

Heureusement, l’autre système informatique (le Sidep), consacré au seul recensement des cas positifs, parait beaucoup plus fiable.

Ce boxon dans les statistiques accentue encore l’impression de maladresse et de tâtonnement dans la gestion quotidienne du Covid. Comme pour l’évaluation des risques de contamination par simple contact, qui oscille au gré des humeurs ministérielles et des doutes scientifiques.

Virus en goguette

En mars, une étude assurait que le virus pouvait survivre trois jours sur certaines surfaces. Le professeur Delfraissy, président du conseil scientifique sur le Covid-19, conseillait alors aux Français, par précaution, de laisser leurs courses plusieurs heures sur leur balcon.

Depuis, l’étude en question a été fortement critiquée, car les chercheurs avaient utilisé du virus très pur et concentré à l’extrême pour réaliser une expérience in vitro sans grand rapport avec la vie réelle (« Le Canard », 27/5). Pourtant, comme le confirme le président de la Fédération française d’hygiène hospitalière, le docteur Bruno Grandbastien, aucune nouvelle recherche n’a encore permis d’en apprendre plus sur la durée de vie du Covid sur les surfaces. A croire que cette question qui hante la planète n’intéresse guère les experts…

« Le virus ne survit sans doute pas plus de quelques minutes à l’air libre, ajoute le docteur Grandbastien, mais attention : même s’il ne restait virulent qu’une minute, ce serait loin, de constituer un risque négligeable dans: la cohue de transport en  commun. »

Les vendeurs de gel hydroalcoolique ont encore de beaux jours devant eux…

Préfet imprudent … encore le même !

Au chapitre des masques, il ne se passe pas un jour sans que la ministre du Travail, son collègue de l’Education, les préfets et les mairies n’enchaînent ordres et contrordres, mesures autoritaires et assouplissements, règles générales et exceptions…

Le 25 août [2020] par exemple, Didier Lallement, le préfet de police de Paris, décide d’imposer cette disposition à tous les cyclistes… avant de rétropédaler sur ordre de Matignon.

Nicolas Revel, le dircab du Premier ministre, a pris lui-même le téléphone après avoir été alerté par les réactions de l’équipe d’Hidalgo et l’emballement des réseaux sociaux.

Anne Souyris, adjointe Verte à la Santé, a annoncé de son côté à la presse que l’arrêté interdisait de boire, manger ou fumer dans les rues !

Nouvel affolement sur la Toile et nouvelle intervention du premier adjoint, Emmanuel Grégoire, pour rassurer fumeurs et mangeurs des rues…


Hervé Liffran– le Canard enchaîné. 02/09/2020