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… c’est accepter la com’ gouvernementale et les directives du MEDEF, organisant conjointement, la division de la population pour mieux l’astreindre à sa soumission.

Une députée gauchiste et noire, l’Insoumise Danièle Obono, qui atterrit en plein XVIIIe siècle dans un village tchadien et se retrouve « vêtue d’un simple cache-sexe » sur la place du marché, vendue à l’encan comme esclave : poilant, non ? Avec en prime un dessin : la voilà nue, collier de fer au cou, enchaînée

En 2015, l’hebdomadaire « Valeurs actuelles » avait été condamné pour provocation à la haine à la suite d’un dossier sur les Roms.

C’était une simple mise en jambe. Là, il fait beaucoup mieux. Plus inventif. Plus tordu. C’est l’été, non ? Dans une fiction d’été, on peut tout se permettre.

Le tollé les a surpris, à « Valeurs actuelles ».

Cet hebdomadaire d’extrême droite zemmourienne se veut propre sur lui. Le président Macron ne lui a-t-il pas accordé une longue interview en octobre ?

Et voilà que, après cet article sur la députée Obono, ce même Macron fait savoir qu’il lui a téléphoné pour lui dire sa « condamnation claire de tout racisme ». Et que la justice ouvre une enquête pour injures à caractère raciste.

Et que le Premier ministre Castex, et trois autres ministres, et la classe politique unanime se disent « révulsés »par cette « publication révoltante », « ignoble », etc.

Jusqu’au trésorier du parti lepéniste, qui dénonce ce « mauvais goût absolu »et cette « représentation humiliante et blessante d’une élue de la République ».

Si même le parti officiel de l’extrême droite s’y met… Heureusement qu’il reste Zemmour et Elisabeth Lévy pour applaudir !

Les dirigeants de « Valeurs actuelles » ont joué les contorsionnistes. Geoffroy Lejeune, son directeur, et Tugdual Denis, son directeur adjoint, ont dit comprendre que Danièle Obono « ait pu se sentir personnellement blessée ». Ils lui ont présenté leurs excuses. Service minimum.

Ils contestent « fermement » le moindre début de commencement de racisme. Il s’agissait tout simplement de « rappeler qu’il n’existât pas d’unité africaine » (admirez le subjonctif).

Eh oui, celte aimable mise en scène avait pour but de distraire leurs lecteurs en pointant ce fait qu’ils adorent marteler : les Noirs, eux aussi, ont été esclavagistes. Il y a eu des négriers africains et arabes.

Les Européens n’ont fait que suivre le mouvement. Un péché véniel, non ? Après en avoir profité deux-trois siècles, ils ont aboli l’esclavage. Ne sont-ils pas admirables ?

Ce feuilleton estival, c’était de l’éducation populaire, voyons…


Article signé des initiales J.-L. P. – Le Canard enchaîné. 02/09/2020