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Tout s’éclaire ! Si les soignants ont chopé le Covid-19 à tire-larigot, c’est (incroyable !) parce qu’ils ne portaient pas de masque. Dans sa synthèse du 23 juillet sur l’épidémie, Santé publique France (SPF) livre cette implacable conclusion, au vu des premiers résultats d’une enquête « visant à décrire les circonstances de contamination des professionnels de santé ».

Les soignants l’ont bien cherché

Au fait, pourquoi ces derniers étaient-ils à ce point exposés ?

Les autorités sanitaires donnent (sans rire leur langue au chat), comme si la pénurie d’équipements de protection n’avait jamais existé… SPF ne manquait pourtant pas d’infos : depuis avril, plus de 2.000 soignants ont rempli des questionnaires rédigés par le Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux.

Qu’y apprend-on ?

D’abord, que « le pic des symptômes se situe durant la semaine du 16 au 23 mars ». Bref, les soignants ont surtout été contaminés au plus fort de l’épidémie. Plus surprenant : « Lors des entretiens avec les patients (en face à face, à moins de 1 mètre) », 29 % des soignants en hôpital et 53 % en ville « ne portaient jamais de masque ».

Pour les soins de ville, « 42 % des soignants contaminés réalisaient des visites à domicile », et 64 % de ceux qui participaient à des réunions « ne portaient jamais de masque ». Même légèreté dans les hostos : « En salle de repos, lors des pauses, 85 % des soignants ne portaient pas de masque ou le portaient occasionnellement. » Tous des inconscients !

Sans piper mot du manque criant de masques et du rôle de cette disette dans les « circonstances » des contaminations, SPF risque une hypothèse audacieuse : « Ces premiers résultats (…) soulignent d’ores et déjà un défaut d’utilisation des mesures de protection (…) sans qu’il soit possible à ce stade d’en identifier les raisons. »

Même pas un p’tit indice ?

Vivement la fin de cette haletante enquête !


Article signé des initiales I. B. Le Canard Enchaîné 29/07/2020