Le PDG d’Accor se fiche de ses salariés !

Le 25 mars [2020], huit jours après le début du confinement, Sébastien Bazin, le PDG d’Accor, avait posté ce message aux salariés de son groupe (Sofitel, Pullman, Novotel, Mercure, Ibis…).

Les preuves d’amour n’ont pas tardé.

Le 4 août [2020], il a annoncé un plan de réduction des coûts avec, à la clé, la suppression de 1.000 postes dans les activités de gestion hôtelière. Le groupe « doit devenir plus simple, plus léger, plus agile et encore plus proche du terrain », a expliqué le financier. Accor est déjà plus « léger », puisqu’il a été délesté de 1,5 milliard d’euros de bénéfices au premier semestre.

La rémunération de Bazin, elle, n’a pas perdu de poids.

Le 2 avril [2020], il s’était vanté, dans la presse, d’avoir renoncé à 25 % de sa rémunération « pendant la durée de la crise », pour abonder un fonds destiné aux salariés les plus démunis.

Mais cela ne représentait qu’une toute petite parcelle de ses émoluments, les 25 % annoncés ne portant que sur les 950.000 euros de son salaire fixe.

En 2019, Bazin a surtout perçu une rémunération variable de 1,12 million d’euros. En ajoutant sa prime exceptionnelle et ses actions gratuites, on parvient à un total annuel de 4,41 millions d’euros. Vous avez dit « léger » ?

Surtout, le conseil d’administration du groupe hôtelier a encore renforcé les avantages de son PDG au grand cœur.

L’assemblée générale d’Accor du 30 juin a entériné une disposition lui permettant de relever de 200 à 250 % de son salaire fixe le montant d’actions de performance qui lui seront attribuées, soit une petite augmentation discrète de 475.000 euros ! Vous avez dit « agile » ?

L’ancien patron du PSG disposait déjà de nombreux autres avantages.

  • S’il est viré, il aura droit à une indemnité équivalente à deux années de rémunération.
  • S’il est au chômage, il disposera d’une enveloppe globale de 411 360 euros pour deux ans.
  • Sa retraite chapeau n’est pas moins généreuse : 35 % de la moyenne des trois rémunérations annuelles les plus élevées. Un petit million par an…
  • Le PDG a encore droit aux services d’un conseiller fiscal et patrimonial, « dans la limite de cent heures par an ». Vous avez dit « plus simple » ?

L’esprit de solidarité n’a pas épargné les administrateurs d’Accor, qui ont accepté de sacrifier 20 % du montant de leurs jetons de présence.

Ainsi Nicolas Sarkozy, qui a touché 85.599 euros au titre de l’exercice 2019, va-t-il devoir renoncer à 17.118 euros.

[Il lui restera toutefois la bagatelle de 68.481€ (5.706,75 par mois)., bien évidemment en dehors de ses émoluments en tant qu’ex Président ses avantages et facilités notamment en matières de secrétaire(s) de gardes du corps, d’automobile(s) et transports, de bureau personnel et … et de ses rémunérations en tant  qu’avocat, des retombées financières du cabinet d’avocat dont il est copropriétaires et des petites rémunérations pour quelques conférences par ci ou par là … Pôvre Sarko… MC]

Vite un Sarkothon ?


Odile Benyahia-Kouider. Le Canard enchaîné. 12/08/2020