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Bolloré entendrait « découper » le groupe Lagardère ?

C’est allé vite, finalement. En mai dernier, Vincent Bolloré avait accepté de prendre des parts dans le groupe Lagardère, « en soutien amical ».

« Soutien amical », parce que le groupe Amber Capital, un fonds de pension américain, avait demandé qu’Arnaud Lagardère soit poussé vers la sortie de son conseil d’administration, pour cause de « gabegie ».

Trois mois plus tard, les deux groupes s’allient et sifflent la fin de la récréation, et demandent des comptes à Lagardère, devant les résultats catastrophiques de ce dernier trimestre : la semaine dernière, le groupe annonçait une perte opérationnelle de 218 millions d’euros sur les six premiers mois, pour un chiffre d’affaires en baisse de 38 %.

Les milliardaires, à l’affût, ont profité de ces trois mois pour augmenter leur participation dans le groupe (en toute amitié, bien sûr) : Amber Capital est monté à 23,5 % du capital, et Vivendi à 20 %, contre 14 % et 10,6 % en mai dernier.

Surtout, les deux groupes ont conclu un « pacte », rendu public ce mardi 11 août. Ils réclament la tenue d’une assemblée générale, et veulent augmenter leur représentation au conseil de surveillance, avec « trois membres pour Amber Capital et un membre pour Vivendi ». Donc, on est amis, mais on sort les dents.

Amber Capital avait déjà, en mai dernier, accusé Arnaud Lagardère de « gabegie », dans la gestion du groupe.

Là, les deux directions ont même signé une sorte de pacte de non – agression, un « droit de première offre et un droit de préemption réciproque » : si l’une des deux parties devait vendre ses parts dans le groupe Lagardère, l’autre est prioritaire pour les acheter. Amber se croit quand même obligé de préciser que ce pacte «  ne crée aucun accord entre les signataires sur la stratégie ou le contrôle de Lagardère » [!!!! HI, Hi bonjour a ceux qui croient leurs sornettes ! MC].

Arnaud Lagardère est un peu coincé, parce que sa dette personnelle ne cesse de croître. Et, aux abois, il a fait appel à Bernard Arnault, qui lui a passé 80 millions d’euros, en échange de 25 % de parts de capital de Lagardère Capital et Management…

Autrement dit : il est en passe de perdre le contrôle de tout son empire. D’autant que Bolloré est très intéressé par le profil du groupe Lagardère, qui possède des salles de spectacle (le Bataclan, le Casino de Paris, d’autres en régions…) et une vraie entrée dans le monde artistique.

Pour la petite histoire, c’est Nicolas Sarkozy, élu administrateur du groupe Lagardère en mai dernier, qui a fait entrer son « ami » Bolloré dans cette danse macabre.

Pendant que ces messieurs devisent affaires en buvant du champagne, les salariés (30.000 collaborateurs dans les diverses activités du groupe) se demandent s’ils n’ont pas tout à craindre de cette petite révolution de palais entre gens aisés…


Caroline Constant – Source