Les lois sont pour les manants, normale ils sont- nous sommes, les plus nombreux …


Dessin de Félix – Charlie Hebdo – 19/08/2020


« J’ai beau essayer de comprendre cette histoire de Puy du Fou, à ce stade, je ne vois qu’une énorme boulette politique… A croire qu’on le fait exprès ! » La parlementaire Anne-Christine Lang résumait bien, sur la boucle Telegram des députés macronistes, l’état d’esprit des élus de la majorité.

Comme elle, nombre de ses collègues se sont lâchés sur la messagerie cryptée, stupéfaits devant la décision du préfet de la Vendée d’autoriser le célèbre parc à thème à accueillir jusqu’à 9 000 personnes pour le spectacle nocturne du 15 août. Une dérogation exceptionnelle à l’interdiction de rassembler plus de5 000 personnes, justifiée par le préfet en raison d’« un niveau de vulnérabilité limité » sur ce territoire.

Il n’y a pas que sur Telegram que la question a échauffé les esprits. Tout au long du week-end, le Puy du Fou a été en tête des sujets les plus discutés sur Twitter.

Les internautes n’ont cessé de vilipender le « favoritisme éhonté » et « les deux poids, deux mesures » dont aurait bénéficié le créateur du parc, Philippe de Villiers, de la part de « son complice » de longue date, le chef de l’Etat.

Sentant la petite musique du « copinage » Villiers-Macron « monter », l’Elysée s’est attaché à tenter de la faire redescendre. « Je n’ai eu aucun contact avec Villiers depuis plus de deux mois », a assuré le Président depuis Brégançon à l’un de ses proches.

Et de rappeler que la décision du préfet de la Vendée est conforme au décret du 10 juillet selon lequel des dérogations peuvent être accordées, au cas par cas, à l’interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes.

Un ponte de la Macronie analyse néanmoins les choses autrement : « Le rapport du Président avec Philippe de Villiers est ambigu : entre fascination et culpabilité pour son frère. »

D’après lui, Macron développerait encore quelques regrets sur la façon dont se sont conclues ses relations avec Pierre de Villiers. L’ancien chef d’état-major des armées a démissionné avec fracas en juillet 2017.

Quoi qu’il en soit des états d’âme présidentiels, Macron a demandé, lors du dernier Conseil de défense sanitaire, le 11 août, une saisine du Haut Conseil de la santé publique. Son objet ? Savoir s’il serait possible de rouvrir totalement les théâtres et les cinémas dès lors que l’ensemble des spectateurs porteraient un masque. « Sans quoi le spectacle vivant et le cinéma sont en danger de mort », craint le chef de l’État.

Réponse du Haut Conseil dans quelques jours…

Le temps que la polémique tombe dans le Puy ?


Article non signé le don Canard enchaîné 19/08/2020