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Mesdames Messieurs des autorités « compétentes » ne leurrez personne S.V.P.

Une catastrophe comme celle qui vient de souffler la ville de Beyrouth est possible en France … A cette question directe nos girouettes ministres « intègres » répondent par la négation … Voulant oublier les Toulouse, Rouen … juste une bagatelle sans doute…

Non, jure la Direction générale de la prévention des risques, chargée, au sein du ministère de la Transition écologique, de surveiller les stocks d’ammonitrate. Et d’insister « Après l’explosion, en 2001, de l’usine AZF de Toulouse, nous nous sommes dotés de la réglementation la plus stricte d’Europe. »

Une bonne nouvelle, vu que la France consomme chaque année, sous forme d’engrais agricole ou d’explosifs pour travaux publics, 2 millions de tonnes de nitrate d’ammonium, soit 8 % de la production mondiale.

« Le Canard » a tout de même plongé son bec sous les sacs d’ammonitrate pour vérifier que tout était sous contrôle.

Première bizarrerie : l’état des stocks diffère selon les sources.

D’un côté, le ministère de la Transition écologique annonce 108 entrepôts classés Seveso, dont 16 qui contiennent plus de 2.500 tonnes. Trente autres sites stockent plus de 350 tonnes d’ultra-concentré destiné à fabriquer des explosifs.

Mais Géorisques, le portail gouvernemental en ligne qui recense les sites dangereux, indique, lui, 225 lieux de stockage de plus de 550 tonnes, dont 180 installations soumises à autorisation, c’est-à-dire emmagasinant plus de 1 250 tonnes d’ammonitrate agricole. Cherchez l’erreur.

Interrogé par « Le Canard » sur cette incongruité, le ministère de la Transition écologique reste coi.

Pas facile d’organiser les inspections si l’on n’est pas d’accord sur le nombre d’éta­blissements à contrôler…

Selon le ministère, les plus gros stocks d’ammonitrate ont été inspectés 127 fois l’année dernière. Avec, à la clé, une mise en demeure pour le groupe Yara, leader mondial des engrais. Son usine d’Ambès, près de Bordeaux, peut entreposer jusqu’à 68.000 tonnes de produit à base de nitrate d’ammonium, soit 25 fois la quantité qui a détoné à Beyrouth. Elle est sous le coup d’une astreinte pour « des manquements dans la maîtrise des risques ». Rassurant ?

« Le ministère communique sur les sites Seveso, car ces derniers sont relativement bien surveillés, avec au moins un contrôle par an », décrypte Paul Poulain, expert au bureau d’études Cyrus, spécialisé dans les risques industriels.

En revanche, les entrepôts d’ammonitrate plus petits, qui relèvent uniquement de la réglementation sur les installations classées (ICPE), sont moins surveillés.

Un stockage d’ammonitrate soumis à enregistrement ou déclaration n’a besoin d’aucune étude de risque préalable. Il suffit de détailler en préfecture la matière entreposée. Et, faute d’inspecteurs, le site qui peut contenir jusqu’à 2.500 tonnes sera au mieux contrôlé tous les sept ans.

Plus ennuyeux encore, au-dessous de 250 tonnes, les stocks de nitrate d’ammonium sortent des installations classées et ne sont même plus répertoriés ! « Ces sites posent un vrai problème, parce que personne ne veille réellement sur eux », s’agace Anne-Laure Sablé, de l’association Les Amis de la Terre.

Les pouvoirs publics sont ainsi incapables de dire combien de coopératives agricoles entreposent en France du nitrate d’ammonium ! Plusieurs ONG réclament un audit rapide de ces stocks invisibles.

Les ports de l’angoisse

La Bretagne, patrie du ami cochon et du … nitrate d’ammonium. Chaque année, plus de 60.000 tonnes d’ammonitrate transitent par les ports de Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, et de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor.

Un cinquième des 332.694 tonnes importées tous les ans en France arrive donc par ces deux ports bretons.

Et cette matière explosive, qui est considérée comme de la marchandise en transit, échappe à la réglementation européenne Seveso.

Pour rassurer les riverains, les autorités préfectorales jurent qu’il n’y a jamais, au même moment, plus de 7.500 tonnes dans un port. Ce qui représente tout de même 25 fois la charge explosive qui avait fait 31 morts et 2.500 blessés lors de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse !

La cargaison déchargée, son acheminement par camion peut aussi s’avérer périlleux.

Il y a deux ans, après une sortie de route, un poids lourd transportant 28 tonnes d’ammonitrate conditionné en sacs de 600 kilos avait donné une grosse frayeur aux pompiers de Lamballe (Côtes-d’Armor)…


Christophe Labbe. Le Canard Enchaîné. 12/08/2020


Que fait l’organisation Pisses-Vert-de-la-paix (Greenpeace) et écolos de tous poils, eus et pourfendeurs des absurdités gouvernementales et industrielles … Pompili « girouette des lobbyistes » en tête … MC