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En France, comme dans le monde, nous constatons des événements dramatiques autour du racisme et des postures religieuses, divisant les populations.

En France, c’est tout autant la stigmatisation d’abord par les membres du gouvernement est ensuite relayée par les médias concupiscents … de tous les intégristes islamistes ou catholiques, qui se livrent d’occultes conquêtes morales, juridiques et intellectuelle, avec bien cacher derrière des paravents étatiques, les aiguillons du culte israélite.

En réalité, nous devrions condamner tous les cultes cherchant chacun de leur côté par prosélytisme, leur chantage, à asseoir leur dicta aux états. Les extrémistes du culte juif régnant en Israël sont dans ce sens, condamnable, et pourtant absolument pas condamner par les dirigeants internationaux.

Bien évidemment notre avis ne saurait valoir de vérité absolue. MC


La décision prise par Israël il y a quelques jours d’annexer la Cisjordanie a provoqué étonnamment assez peu de protestations. Ce conflit qui dure depuis des décennies passionne visiblement moins et, si les partisans des deux camps sont toujours aussi déterminés, sa dimension semble avoir muté.

La guerre en Syrie, la création de l’État islamique, la montée en puissance de la Turquie auraient-elles détrôné la Palestine des régions en crise dans le monde?

On ne va pas refaire ici l’histoire de ce conflit décortiqué par des milliers de livres depuis des années. On pourrait cependant résumer cette affaire par un constat : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’évanouit dès qu’on parle des Palestiniens et l’absence d’un État palestinien ne peut satisfaire personne, à part les cyniques.

Comme si ce conflit n’avait pas été suffisamment cruel, cette déclaration provoque un malaise nouveau, celui de l’anachronisme. Aujourd’hui, en 2020, est utilisé un vocabulaire surgi d’un autre siècle, avec des mots comme « annexion » ou « colonies ».

On se croirait au Far West, quand les colons s’installaient dans l’Ouest américain et prenaient possession méthodiquement des terres indiennes.

Comme Rome, qui après avoir soumis les peuples conquis les intégrait dans son empire, Israël tente d’absorber les Palestiniens en leur disant : « Vous serez mieux chez nous, avec nous, qu’en dehors de nous et contre nous.»

Le droit international moderne apparaît alors totalement impuissant face à ce procédé implacable du fait accompli, et contre lequel les déclarations et les résolutions de toutes sortes ne servent à rien.

Si la remise en cause de l’existence de l’État d’Israël est absurde, l’inexistence d’un État palestinien n’est pas davantage acceptable. La création d’un nouvel État n’a rien d’original, et l’ONU en a reconnu depuis 1945 une dizaine dans le monde, souvent après des guerres bien plus sanglantes que le conflit israélo-palestinien. Alors pourquoi cela est-il devenu encore plus difficile aujourd’hui qu’hier?

La décision d’annexer la Cisjordanie arrive à un moment où l’Occident se sent de plus en plus menacé par un Proche-Orient inquiétant.

On peut se poser la question de savoir si, secrètement, cette annonce des dirigeants israéliens déplaît tant que ça aux Européens, car ainsi, un pays occidentalisé comme Israël contrôlera un territoire arabe supplémentaire.

« L’enjeu ne serait plus seulement de créer un grand Israël, mais de maîtriser un peu mieux ce monde arabe explosif. Car depuis l’émergence d’un islam politique belliqueux et l’arrivée en Europe de milliers de réfugiés du Moyen-Orient, on entend des voix regretter la disparition de Kadhafi ou de Saddam Hussein qui, en tenant chacun d’une main de fer son pays, stabilisaient leur région. Les dirigeants israéliens ont saisi l’opportunité offerte par cette peur nouvelle. »

L’imaginaire occidental perçoit le monde arabe comme il percevait les Balkans au début de la guerre en ex-Yougoslavie, en 1991 : les Balkans compliqués ont laissé la place à l’Orient encore plus compliqué.

Avec cette annexion, Israël gagnera de nouveaux territoires tout en faisant miroiter à l’Occident que cette région deviendra plus stable, comme autrefois avec Kadhafi et Saddam Hussein.

Tout ceci n’est qu’une hypothèse, mais on peut se demander si les protestations bien molles des Occidentaux contre cette décision israélienne ne s’expliquent pas par un calcul silencieux, égoïste et sans état d’âme.

  • Du point de vue israélien, c’était le bon moment pour faire cette annonce.
  • Du point de vue palestinien, c’était le pire moment pour être écoutés par des Occidentaux tétanisés comme jamais par tout ce qui provient du monde arabe.

RISS. Charlie Hebdo. 22/07/2020